Sabot libère la gym

Médaille
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Elle était attendue par toute une discipline. Il était même essentiel qu'elle arrive. Comme si c'était le seul moyen de conjurer le sort, de vaincre le signe. Comme un début de thérapie collective. Cette médaille de bronze obtenue aujourd'hui, mardi 7 août, par Hamilton Sabot aux barres parallèles, intervient telle une libération pour toute l'équipe de France de gymnastique.

Décimé. Le mot n'est pas trop fort. Les mauvaises nouvelles et les forfaits se sont accumulés ces derniers mois : Marine Brevet, Valentine Sabatou, Thomas Bouhail, Benoit Caranobe, Samir Aït-Saïd, Danny Rodrigues... Et la liste n'est pas exhaustive... Les pépins physiques se sont enchaînés, privant les Bleus de véritables chances de médailles olympiques. Attaquant inévitablement le moral de tout le groupe France.

Pourtant, c'est extrêmement motivés que les Tricolores ont traversé la Manche. Plutôt que de sombrer dans le fatalisme, nos gymnastes avaient décidé de se battre et d'aller aux Jeux Olympiques avec l'envie de tout donner. C'est finalement toutes ces absences qui ont créé le déclic. C'est finalement pour toutes celles et ceux qui n'ont pas pu concrétiser l'aventure olympique qu'ils ont relevé la tête. Mais, malgré la volonté, la concurrence est rude en gymnastique, et même si les Bleus n'ont pas à rougir de leurs prestations, loin de là, ils n'étaient jusque là pas parvenus à matérialiser leurs efforts en métal olympique. Et plus les jours passaient, plus le spectre du zéro pointé se profilait. Cela semblait écrit... Inéluctable...

Aujourd'hui, Hamilton était le dernier en lice, le dernier survivant, l'ultime espoir. Alors, il a pris ses responsabilités, enfilant son costume de sauveur avant de s'envoler sur ces barres parallèles, qu'il a appris à dompter mais qu'il ne côtoie finalement depuis pas si longtemps, lui, le généraliste de formation. Fluidité, force, précision. Élégance aussi. Étonnamment décontracté, il exécute un programme limpide, à la difficulté légèrement inférieure aux adversaires, mais bien maîtrisé. Tout en contrôle. La sortie est aérienne. Il bloque, après un léger soubresaut, imperceptible. Les points se lèvent. Hamilton peut être fier de sa prestation. La suite, c'est une torture : attendre que tous les concurrents passent, espérer des imperfections. Au final, la délivrance. Il explose. Comme toute la maison bleue d'ailleurs. Le Niçois vient d'obtenir une médaille de bronze. La récompense tant espérée par toute une équipe. Cette troisième place, elle est collective en définitive. Tous ont poussé derrière lui et c'est sans doute auprès de ces coéquipiers qu'il est allé puiser les ressources pour bousculer les favoris.

Hamilton Sabot et tous les gymnastes rentrent de Londres bronzés, et, franchement, à la vue des nuages qui s'étaient accumulés dans leur ciel, c'est un véritable exploit...

C'est dingue ce qui m'arrive !

Hamilton Sabot - Médaille de bronze aux barres parallèles (Gymnastique artistique masculine) :

« Je super content, je déborde encore d'énergie. 15.533 c'est vraiment une bonne note. En face, il y avait de grosses pointures, qui ont peut-être moins bien réussi aujourd'hui leur prestation. C'est dingue ce qui m'arrive. Quand ça vous tombe dessus, on ne sait pas comment réagir. je me suis qualifié de justesse, ex æquo. Une finale à 9 c'est du jamais vu ! J'y croyais jusqu'au bout, même si j'ai fait quelques erreurs. J'ai tout tenté et ça a marché. J'ai une grosse pensée pour tous les absents, Thomas, Samir, Ben, Danny... »

C’étaient tous des gros clients !

«On parle toujours de pression pour une finale, mais il faut l’accepter. Il faut s’en servir même. On vit pour ça. Pendant quatre années, j’ai pensé à ce moment-là. J’ai eu la chance de bénéficier du meilleur tirage possible puisque je suis passé en deuxième position. Quand on est au début, on se concentre tout de suite sur ce qu’on a à faire tout de suite. C’étaient tous des gros clients. Je sais ce qu’ils pouvaient ressentir. J’ai passé un mouvement correct. comme des dizaines de fois à l’entraînement mais là, ce n’est pas facile de rester solide dans un moment pareil. Feng Zhe était intouchable. Avec Nguyen, l’Allemand, on s’était déjà bien battu l’un contre l’autre aux barres aux derniers championnats d’Europe. Et il l’avait emporté. »

J’avais cet objectif dans la tête...

« Quand je suis passé, beaucoup de sentiments m’ont envahi. J’étais le seul à pouvoir ramener la médaille pour la gym française. Mon coach m’a juste dit : « Fais ce que tu sais faire ! ». Il y a quatre ans à Pékin, j’étais le deuxième remplaçant et comme il y a eu deux blessés j’ai concouru mais je me suis senti davantage spectateur qu’acteur. Là, cette médaille, je l’ai préparée depuis 2008 puisque je me suis spécialisé sur les barres parallèles. J’avais cet objectif dans la tête. Tout le temps. Ma sélection je l’ai obtenue à la loyale. Je pense que tout ça m’a libéré pour cette finale. »

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