Jean-Frédéric Chapuis : « Les jeux ? un rêve de gamin »

Interview
Jean-Frédéric Chapuis
Partagez

Les voilà sur l'aire de départ, dans les start, serrant férocement les poignées pour jaillir le premier de la meute. Concentrés, dans l'attente des traditionnels "bips" annonciateurs du début de course, ils se regardent en coin, se jaugent, tout en refaisant mille fois dans leur tête le parcours sinueux qui se dressent devant eux. Nakiska (Canada) ouvre ce week-end (6-7 décembre 2013) la saison de Coupe du monde de ski cross et les Français, forts des trois médailles collectées aux championnats du monde de mars dernier, à Voss (Norvège), et des nombreux podiums sur le circuit, y sont attendus de pied ferme. Dans les rangs tricolores, un champion du monde : Jean-Frédéric Chapuis. Le skieur de Val Thorens a vécu une année 2012-2013 exceptionnelle et tentera de confirmer cet hiver, avec en point de mire, le challenge olympique...

Ça y est, cette fois, c’est presque parti… La saison de Coupe du monde démarre à Nakiska (Canada) le week-end prochain. Comment te sens-tu ?
Ça va. J’ai fait un bon été, je me suis bien entraîné et j’ai pu faire tout ce que je voulais. Je pense avoir encore progressé. Après, ce n’est jamais facile de savoir où on se situe avant les premières courses. Il faudra voir après… Mais je suis assez confiant.

La confiance doit en effet être là compte tenu de la très belle saison que tu as réalisée l’an dernier. T’attendais-tu à vivre une saison aussi incroyable ?
A vrai dire, j’avais planifié dans mes objectifs les championnats du monde et le classement général de la Coupe du monde. Donc oui, j’étais content de pouvoir les remplir à la fin de saison et, forcément, ça conforte dans le travail que l’on fait. Aujourd’hui, je me dis que je suis dans les dix meilleurs mondiaux et qu’il « suffit » de progresser pour être encore plus régulièrement sur le podium.

J’espère que cette saison sera encore plus belle.

Ce titre de champion du monde, tu le décroches un peu à la surprise générale, il faut bien le dire. Peux-tu nous décrire ce moment et cette sensation d’après victoire ?
J’étais surtout content d’arriver, enfin, à faire une course pleine et d’aller jusqu’au bout. Depuis le début de saison, j’étais prêt, j’étais là, pas loin, mais j’échouais à chaque fois en demi-finale ou en finale. Je faisais de petites erreurs, évitables, qui me coûtaient le podium ou la victoire. J’ai réussi à passer ce cap et en plus lors des championnats du monde.

D’autant que cette victoire était un peu partagée, Bastien (Midol) étant juste à côté de toi sur le podium, en argent. C’était un joli doublé…
C’était vraiment sympa de partager ce moment. Et puis ça a permis de montrer que l’équipe de France était à nouveau présente. Il a fallu reconstruire quasi intégralement l’équipe après les Jeux Olympiques de Vancouver, la majorité des skieurs de l’ancienne génération ayant raccrochée. On est presque reparti de zéro, et puis, d’année en année, on a progressé. L’hiver dernier, enfin, on est parvenu à prouver ce que l’on valait et j’espère que cette saison sera encore plus belle.

En cette année olympique, il y a beaucoup d’espoir autour de cette équipe de ski cross, et plus généralement de ski freestyle. Le groupe semble très talentueux, avec un bel alliage de jeunesse et d’expérience. Avez-vous conscience de cette attente ?
On sent, en effet, qu’il y a pas mal d’attentes. On nous parle souvent des Jeux. Après, le groupe est assez dense et on sait que tout le monde peut jouer la médaille, du coup, on parvient à diminuer un peu la pression comme ça.

Si je me loupe, d’autres seront capable d’aller chercher la médaille.

Tu ressens donc cette pression ?
C’est la question qui revient souvent. Le fait que je ne sois pas tout seul, que l’on soit toute une équipe et que l’on sache que chacun est capable de jouer la gagne, permet de répartir cette pression. Je me sens du coup un peu plus serein. Je me dis que si je me loupe, d’autres derrière moi seront capable d’aller chercher la médaille.

Sotchi, ce serait tes premiers Jeux Olympiques. Ça a toujours été un objectif ?
Les Jeux, c’est un rêve de gamin ! C’est seulement tous les quatre ans... Petit, quand on les regarde à la télévision, on rêve devant. En équipe de France, côté garçons, on est huit pour quatre places, donc il va déjà falloir se qualifier. Si jamais j’y suis, je vais donner le maximum pour accéder au podium et, surtout, pour n’avoir aucun regret à la fin de la compétition.

A l’instar du BMX par exemple, le facteur chance, réussite, est très présent dans ta discipline. Arrivez-vous à l’appréhender, à l’anticiper, à le gérer, à le réduire ?
Pour ma part, ça fait intégralement partie du sport. Si ça sourit tant mieux, sinon, tant pis. Je ne pense pas à ça en réalité. L’idéal, c’est d’être tellement prêt et fort que l’on va diminuer au maximum cette part d’aléatoire. Plus on y pense, plus on va être craintif et moins ça va aller…

Si je te dis « Esprit Bleu », à quoi penses-tu ?
Pour moi, c’est l’esprit de famille, le fait d’être tous derrière la France pour faire briller les couleurs tricolores aux Jeux Olympiques.

Olympic Channel (en Français!

Sites officiels

  •  Cocacola
  •  Aliba
  •  Allianz
  •  Atos
  •  Bridgestone
  •  Bridgestone
  •  ge
  •  intel
  •  Omega
  •  Omega
  •  P&G
  •  Samsung
  •  Toyota
  •  Visa
  •  BPCE
  •  Lacoste
  •  France TV-Sport
  • RMC