Sébastien Martiny : « Un des sports les plus acrobatiques »

Interview
Sébastien Martiny
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Du 7 au 10 novembre 2013, Sofia (Bulgarie) accueille les championnats du monde de trampoline et tumbling. Sébastien Martiny fait partie de l'équipe de France qui s'y rendra pour défendre les chances tricolores et aller contrarier les Nations phares de la discipline, comme la Chine et la Russie. Tombé dedans depuis tout petit, il nous parle de son sport, de ses spécificités et des ambitions des Bleus...

©FF Gym/Shreyer

Comment es-tu arrivé au trampoline ?
Mon père en faisait étant jeune, pas à haut niveau mais à bon niveau. Il a ensuite géré un centre d’animations, à Val d’Isère, du coup, là-bas, j’ai commencé à en faire avec les touristes durant l’été. A six ans, j’ai demandé à mes parents de m’inscrire. J’avais la chance d’habiter à Bois-Colombes, où il y avait un club avec une belle structure. J’y suis toujours aujourd’hui, à 28 ans...

La difficulté dans notre sport, c’est l’enchaînement.

Comment travaillez-vous les mouvements au quotidien ?
Dès le plus jeune âge en fait, on apprend à décomposer chaque étape de chaque mouvement. Aujourd’hui on arrive sur des triples rotations, mais ça s’acquiert au fur et à mesure de la formation. On commence par des tombées lentes, un salto avant d’arriver sur le dos, un salto avant complet… On progresse par quart de rotation et demie vrille tout au long de l’apprentissage, afin de bien maîtriser chaque étape du mouvement et d’avoir des repères sur le trampoline. On ajoute petit à petit des difficultés pour atteindre des figures très complexes.
Jusqu’à l’adolescence, on apprend les figures et on exécute des enchaînements simples. A partir de 17-18 ans, on sait déjà réaliser toutes les figures, indépendamment les unes des autres. On maîtrise les acrobaties. Effectuer une touche seule, à notre niveau, c’est vraiment facile. La grosse difficulté dans notre sport, c’est l’enchaînement et c’est surtout ce que l’on travaille au haut niveau. Les mouvements complets, on se met généralement à les répéter quotidiennement un à deux mois avant les grosses échéances. Mais il y a forcément de l’échec, des jours où ça ne passe pas. Du coup, on avance souvent par séries, en faisant deux touches, trois touches, en travaillant le début, le milieu, la fin du mouvement…

©FF Gym/Shreyer

Quelles sensations ressens-tu quand tu es en l’air ?
C’est vrai que c’est assez impressionnant. On évolue à huit mètres du sol durant 20 secondes, la durée du mouvement. Pour ma part, je fais 23 saltos et une vingtaine de vrilles durant ce laps de temps. Ça va très vite ! Sur ces 20 secondes, on voit le trampoline seulement trois secondes environ. Ce sont des moments très rapides, qui nous permettent de prendre les informations et les repères pour pouvoir enchaîner et être le plus juste possible. On n’a pas le temps de penser à grand-chose en fait, si ce n’est au mouvement. J’ai toujours aimé l’acrobatie. J’adore ça. Je pense vraiment que le trampoline est l’un des sports les plus acrobatiques qui soient.

Le Mondial se profile et tu seras engagé en individuel, en duo et par équipe. Peux-tu nous décrire ces épreuves ?
Le concours individuel se divise en 3 temps : une phase de qualification avec un imposé et un libre, des demi-finales avec un autre libre et une finale, qui regroupe les huit meilleurs, sur un seul mouvement libre. La notation est basée sur trois critères : la difficulté de l’exercice, son exécution, évaluée par des juges, et le temps de vol.

En synchronisé, l’épreuve s’exécute en duo, chacun étant sur son trampoline. Il faut réaliser le même mouvement, les mêmes figures, au même moment, rebondir sur le trampoline exactement en même temps. Pour vérifier ça, il y a des machines, des capteurs, situés sur les deux trampolines. A chaque fois que l’on touche le trampoline, on coupe le faisceau du laser. Cela permet de calculer la différence entre les membres du duo et d’attribuer automatiquement la note de synchronisation. C’est ce même procédé qui est utilisé pour calculer le temps de vol en individuel. A chaque fois que l’on coupe le faisceau, le chronomètre se déclenche.

Le par équipe est le score cumulé des trois meilleurs en individuel. Les cinq meilleures équipes sont sélectionnées pour la finale. Trois athlètes sur les quatre de l’équipe sont désignés pour réaliser un mouvement. Les scores de chacun sont additionnés et on obtient le classement définitif.

Persuadé qu’on peut faire un bon résultat.

©FF Gym/Shreyer

Quelles sont les meilleures Nations sur la scène internationale et où se situe la France ?
Depuis 2007, la Chine domine vraiment la discipline, aussi bien chez les filles que chez les garçons. Dès que notre sport est devenu olympique, en 2000, ils ont commencé à avoir une politique de haut niveau alors qu’ils ne l’avaient pas auparavant. Ils ont explosé en 2007, et ont notamment fait or et bronze chez les garçons, ainsi qu’or chez les filles, aux JO de Pékin, pour leur première participation. Ils sont arrivés tardivement mais ont été très efficaces. Ils ont actuellement les trois meilleurs trampolinistes du monde.
Sinon, historiquement, il y a la Russie qui a toujours été à très haut niveau. La France a aussi eu de très grands champions dans les années 90. Aujourd’hui, on se situe plus à la quatrième place. Pour moi, la Chine, la Russie et le Japon sont devants. Sur le papier, l’équipe de France n’est pas très loin derrière. Après la compétition reste la compétition, et tout est possible.


C’est donc votre objectif en équipe sur le Mondial ?
Oui, c’est l’objectif prioritaire. On est une équipe assez homogène. Individuellement, ça va être difficile pour nous d’aller chercher un podium. Par équipe, on est aujourd’hui quatre très bons trampolinistes et, si on fait notre programme, je suis persuadé qu’on peut faire un bon résultat. Il faut juste qu’on soit à notre niveau. C’est peut-être notre manque d’expérience qui peut pêcher. A nous de se la créer et à nous d’être bon cette semaine.

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