Mondiaux 470 - Mathilde Géron :
« Ramener une médaille ! »

Interview
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Du 27 juillet au 10 août 2013, La Rochelle accueille la grand-messe du 470, l'une des séries olympiques de voile. L'embarcation fête ses 50 ans d'existence et, pour l'occasion, le Mondial fait escale en France, patrie de son concepteur d'origine. Sur l'eau, l'équipe de France évoluera devant son public et aura l'envie certaine de poursuivre l'excellente dynamique de résultats actuelle. Sacrée championne d'Europe il y a quelques semaines avec sa coéquipière Camille Lecointre, Mathilde Géron se rend dans la cité portuaire avec l'étiquette parfois lourde à porter de candidates à la médaille mondiale...

Comment te sens-tu à l’approche du Mondial 470 de la Rochelle ?
On se sent bien ! On a vraiment bien bossé avec les Français. Le groupe est super et avec notre entraîneur, Gildas, cela se passe parfaitement bien, on forme un bon trio. On a essayé de préparer cette échéance du mieux possible, mais la concurrence est présente et tout le monde a l’air affuté. Ce Mondial, c’est véritablement LA grosse épreuve, l’objectif de tous. Les meilleurs seront là comme les championnes et vice-championnes olympiques. Notre objectif, c’est clairement de ramener une médaille !

Vous êtes sur une dynamique excellente, avec, par exemple, le titre européen et l’or aux Jeux Méditerranéens. Comment avez-vous vécu cette période ?
Sur le championnat d’Europe, on a très bien travaillé, avec les garçons notamment, Sofiane Bouvet et Jérémy Mion, qui ont également décroché le titre. On a partagé le quotidien avec eux, l’ambiance était génial, la dynamique bonne. On était tous très bien dans nos baskets et on a senti une réelle force au sein du groupe. On ne s’est pris la tête, à aucun moment, et on s’est appliqué à faire ce que l’on savait faire. De toute façon, l’après JO, je ne vais pas dire que c’est les vacances, mais en tout cas, la pression est évidemment moins forte, et, du coup, on a abordé l’Européen en toute décontraction, en se disant que nous n’avions rien à perdre.

Vivre tous ces moments de sport et de vie avec Camille Lecointre, ta partenaire, cela doit forcément créer une relation spéciale. Peux-tu nous décrypter cette collaboration ?
A force de naviguer ensemble, on se connait par cœur ! Il faut peu de choses pour que l’on se comprenne. Je ne sais pas trop comment l’expliquer en réalité. Cela se fait naturellement. En général, on ressent les mêmes émotions au même moment. C’est étonnant. Et cela se passe aussi bien en dehors du bateau. Je serai de toute façon incapable de naviguer avec quelqu’un avec qui je ne m’entends pas. On passe plus de 200 jours par an l’une sur l’autre, je ne pourrai absolument pas faire abstraction et me dire que je le fais uniquement pour le travail. Avec Camille, cela se passe vraiment très bien. Je crois que nos caractères ne sont pas trop compliqués non plus. Et comme la relation avec notre entraîneur est également au beau fixe, tout va bien. C’est très important d’avoir un trio solide. Les conflits au sein de l’équipe se ressentent généralement beaucoup sur l’eau et dans la performance.

Peux-tu nous décrire ton quotidien de "voileuse" ?
Ce qui est compliqué avec notre sport, c’est qu’il nécessite une certaine organisation. C’est différent de l’athlétisme, par exemple, où, en caricaturant légèrement, il suffit de prendre ses chaussures et d’aller s’entraîner sur la piste. En natation également, les séances se passent tous les jours dans le même bassin. En voile, on est dans des endroits différents chaque semaine. Et comme chaque plan d’eau est différent, on a besoin, à chaque fois, de s’y rendre en amont pour l’apprivoiser, s’habituer, pour découvrir les conditions de mer, de vent et tout ce qu’il y a autour… On arrive généralement une semaine avant la compétition. Lorsque l’on est en France, le choix est limité, puisqu’il existe seulement 3 pôles que sont Brest, La Rochelle et Marseille. Je réside à Brest pour ma part mais n’y suis quasiment jamais. Traditionnellement, on fait des blocs de 5-6 jours d’entraînement pour 4-5 jours à la maison. Une journée type est très longue : cela commence par de la préparation physique, piscine ou cardio par exemple, avant d’enchainer par de la navigation, souvent de 13 à 17 heures. S’en suit une séance de débriefing et de vidéo avant de conclure par la récupération.

En plus de tout cela, ce que l’on ne dit presque jamais, c’est que nous sommes un sport à matériel et que l’on est en permanence en train de bricoler, de réparer les choses cassées. Personne n’est là pour nous aider en quoique ce soit sur ces aspects. On doit tout faire en autonomie intégrale et cela prend énormément de temps. On s’occupe du bricolage, des chargements et déchargements de bateaux, des réservations d’hôtels et de billets d’avion… Même lorsque l’on a quelques jours pour souffler, on passe notre temps à faire de la logistique, de la communication ou de la recherche de partenaires. Un exemple concret : pour les Jeux Méditerranéens, on a chargé un container complet de matériel 2 mois avant, qu’il a fallu décharger en arrivant sur place. Et c’est le même schéma pour le retour. On passe beaucoup de temps sur ces sujets et on gaspille pas mal d’énergie. On vit avec notre SMIC mensuel, rien de plus, et lorsque l’on n’a pas d’argent à sortir de notre salaire pour faire de la voile, c’est déjà une satisfaction.

Un Mondial à domicile, c’est presque le rendez-vous d’une vie de sportif…
Oui, en plus cette année, c’est le 50ème anniversaire de cette embarcation et le Mondial se déroule en France car l’architecte original du bateau était Français, monsieur André Cornu, qui a dessiné et conçu le premier exemplaire de 470 en 1963. Ce sera donc la grande fête du 470, avec également des compétitions de légendes et de jeunes. Toute la Team France sera présente, derrière nous. Je pense que cela va vraiment être sympa. On est à la maison et on aura tout le soutien du public français. On est clairement attendu et il ne va donc pas falloir décevoir tout le monde.

La déception londonienne de l’été étant apparemment digérée, comment vous projetez-vous sur Rio 2016 ?
En fait, l'Olympiade va être coupée en 2. Il faut, dans un premier temps, obtenir un quota qualificatif pour le pays et cela va se jouer très tôt, dès septembre 2014. Il faudra faire partie des meilleures Nations pour décrocher une place aux Jeux. Ensuite, on se concentrera uniquement sur Rio et on adaptera notre programme pour trouver des compétitions avec des conditions proches de celles qu'il y aura au Brésil. A priori, les conditions de navigation risque d'être atypiques à Rio, où le vent est quasi nul l'été. Du coup, cela peut être très compliqué durant les Jeux, avec des possibilités d'annulation de course. On ira de toute façon sur place pour découvrir le plan d'eau. Comme il y a de grandes chances que ce soit du "petit temps" je pense qu'une fois le quota obtenu, toutes les filles vont se mettre en perte de poids. Il va falloir que l'on fasse progresser notre navigation avec ce genre de conditions.

Que peut-on te souhaiter ?
Une belle médaille au Mondial et mon diplôme de la marine marchande en juin prochain !

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