Terry Bourhaoua : « Ce n'est plus le même rugby à 7 »

Interview
Partagez

Meneur de jeu charismatique de l'équipe de France de rugby à 7, Terry Bourhaoua est, aux Jeux Mondiaux de Cali, le seul joueur du groupe France ayant participé à la Coupe du monde 2013. Pour l'entrée en lice des Bleus, il a conduit l'équipe à la victoire face au Brésil (12-5) et à l'Uruguay (28-24) et marqué les deux essais tricolores de la défaite face à l'Argentine (28-14). Terry revient pour nous sur la Coupe du monde, le projet olympique, le développement du rugby à 7...

Avant d’évoquer les Jeux Mondiaux, peux-tu revenir sur la Coupe du monde qui s’est déroulée fin juin (élimination en quart de finale face au Kenya, après prolongation) ?
C’est toujours frustrant de quitter une compétition aussi rapidement même si cela n’enlève rien au parcours qui a été réalisé et aux matches de qualité que nous avons fournis, car ce n’étaient pas des rencontres faciles. Le sentiment est un peu mélangé. Il y a un peu de satisfaction dans le fait que nous avons bien joué en début de tournoi et la déception d’avoir arrêté aussi tôt alors qu’il y avait la place de rêver un peu plus.

C’est une équipe qui a fait montre de beaucoup de caractère, je pense notamment aux matches contre l’Australie et le Kenya.
Oui cela fait partie des points positifs. On a montré qu’on avait une équipe compétitive, qui avait des ressources et c’est important pour les jours à venir, mais cela n’enlève rien à la frustration. Ce sont des matches de très haut niveau, ça c’est joué à pas grand-chose, des petites fautes d’inattention, de réflexion aussi peut être.
C’est une Coupe qu’il ne faut pas oublier, c’est la première du projet olympique et nous avons quand même figuré de la meilleure des façons. Je crois qu’on a montré un beau visage. Il faut garder le positif de cette aventure.

L’étape du jour, ce sont les Jeux Mondiaux, le groupe est un peu différent…
En effet, je suis le seul du groupe ayant participé à la Coupe du monde à être parti aux Jeux Mondiaux. Initialement, cette compétition ne faisait pas partie des objectifs d’une saison très longue avec un Seven's Grand Prix Series qu’il fallait assumer et, en parallèle, une Coupe du monde à préparer, ce qui n’était pas une chose facile. Après, il y avait encore les Jeux Mondiaux. Je me suis proposé pour y aller car je me sentais encore en forme, j’avais encore envie de compétition et d’expérience. La fédération se sert de ces Jeux Mondiaux pour faire participer l’équipe développement qui constituera, avec le groupe engagé sur la Coupe du monde, l’ossature de ce que pourrait être l’équipe de France à Rio. C’est d’abord une équipe composée de jeunes joueurs, mais j’en ai déjà croisé quelques-uns évidemment. Ils sont la réserve et l’avenir du projet olympique.

Que représentent les Jeux Olympiques, l’Olympisme en lui-même ?
C’est comme pour tous les sportifs, c’est le rêve de toute une vie.

Jérémy Aicardi

Fondamentalement vous n’aviez jamais imaginé y participer ?
Non. Quand on est jeune et qu’on fait du rugby, on vibre devant les Jeux Olympiques, mais on sait qu’on ne les fera pas. C’est vrai que, depuis 3 ans, le rêve est devenu réalité donc aujourd’hui on a le droit d’y rêver et d’y croire en plus.

Quelle est la différence pour toi entre le VII et le XV sur le terrain, hormis les règles et le jeu, comment tu le ressens notamment en terme d’état d’esprit et de ressources mises en œuvre techniquement, tactiquement ?
Ce qu’il faut savoir c’est que les règles, le terrain sont exactement les mêmes. C’est la formule qui change en fait. Quand on est 7 contre 7, forcément, ça court davantage. Les matches sont plus courts, la stratégie change forcément. Après, c’est un état d’esprit différent, une approche différente du rugby. Je crois que c’est la formule de tournoi, sur deux jours, qui fait que l’état d’esprit est différent.

Jérémy Aicardi

Débuter par le rugby à XV c’est mieux, c’est incontournable ou ce n’est vraiment pas fondamental aujourd’hui ?
Aujourd’hui, en France, on n’a pas d’autre choix que de débuter par le rugby à XV. Le rugby à 7 n’y concerne que l’équipe nationale. Il se développe petit à petit, avec des sections sports études, mais actuellement, commencer le rugby par le 7, ce n’est pas possible.

Aux Jeux Mondiaux de Kaohsiung, il y avait le Portugal, les États-Unis, vous avez affronté ici trois pays d'Amérique latine... La particularité aujourd’hui du rugby à 7 c’est l’ouverture au monde ?
Oui, c’est une particularité du rugby à 7 et une des raisons pour lesquelles le sport est passé olympique. C’est un sport qui évolue, qui grandit et que l’on voit dans tous les pays du monde parce que c’est plus simple d’avoir 12 joueurs compétitifs que d’en avoir 30 pour faire une équipe. Tous les pays s’y retrouvent, toutes les nationalités, toutes les cultures, c’est très riche.

Est-ce que le regard des joueurs à XV a changé sur vous depuis que le rugby à 7 est passé olympique ?
Je ne crois pas que ce soit le fait qu’il soit passé olympique. Tous les grands joueurs de rugby savent que le rugby à 7 n’a jamais été une partie de plaisir. Il n’y a que ceux qui ne l’ont jamais pratiqué qui pensaient, il y a un moment, que c’était des vacances. Les vrais joueurs de rugby savent qu’il est impossible que jouer à 7 sur un terrain de rugby à 15 soit facile. On ne peut pas s’y cacher !

Y a-t-il eu un gros travail des fédérations à travers le monde pour améliorer le niveau technique des joueurs ?
Je ne pense pas que les Nations aient fait un focus sur la technique c’est le rugby à 7 en général qui évolue depuis qu’il est passé olympique. Chaque année apporte son évolution et plus on avance dans le temps, plus on a des matches de très haut niveau. Il y a de moins en moins d’équipes avec des lacunes. Je crois que c’est vraiment le niveau général qui a augmenté.
Physiquement aussi cela se ressent, dans la vitesse, dans le jeu. Si vous comparez par rapport à il y a 10 ans, ce n’est plus le même rugby à 7. Avant, il y avait un principe qui disait qu’on pouvait reculer pour mieux avancer. Aujourd’hui on ne peut plus, aujourd’hui, c’est avancer, toujours avancer. Les joueurs vont plus vite, sont meilleurs techniquement.

Comment tu te qualifierais sur le terrain qu’est ce qui fait ta particularité par rapport au jeu ?
J’occupe le rôle de meneur de jeu, j’essaie de le diriger de la meilleure façon qui soit. Maintenant, la plus-value, je ne suis pas très bien placé pour en parler. L’essentiel est que je mette l’équipe dans le bon sens de la marche.

Jérémy Aicardi

Concrètement comment se matérialisera le projet olympique au sein de la fédération ?
Il se matérialise déjà depuis 3 ans, depuis que la fédération a décidé de faire des contrats professionnels. Au début nous étions 4, aujourd’hui nous sommes 13. Dans les années à venir, nous espérons avoir 16 joueurs sous contrat et, de ce fait, pouvoir travailler correctement. Après, il y a tout un staff autour, toute une coordination qui se met en place. Le projet olympique existe et très présent au sein de la Fédération française de rugby.

Retrouvez l'interview de Jean-Claude Skrela réalisée avant la Coupe du monde.

TV

Expérimentation

Pour les départements de l'Orne, de la Vienne et des Bouches-du-Rhône

Olympic Channel (en Français!

Direction Tokyo

Sites officiels

  •  Cocacola
  •  Aliba
  •  Allianz
  •  Atos
  •  Bridgestone
  •  Bridgestone
  •  ge
  •  intel
  •  Omega
  •  Omega
  •  P&G
  •  Samsung
  •  Toyota
  •  Visa
  •  BPCE
  •  Lacoste
  •  France TV-Sport
  • RMC