Parachutisme : « le canopy piloting, très impressionnant »

Interview
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Directeur technique national du parachutisme, anciennement compétiteur en voile contact, Jean-Michel Poulet, accompagne les athlètes de la fédération, toutes disciplines confondues. Il nous présente le canopy piloting, au programme de ces Jeux Mondiaux de Cali 2013 et évoque les perspectives olympiques de son sport.

Pouvez-vous nous présenter le canopy piloting, seule discipline du parachutisme au programme des Jeux Mondiaux ?

Le canopy piloting est une discipline sous voile, avec des voiles très rapides dans laquelle il y 3 épreuves qui se déroulent sur un bassin aquatique :

une épreuve de vitesse, durant laquelle, les athlètes doivent effleurer l’eau à très grande vitesse, avec des capteurs situés à 1m du sol. Ca bipe à l’entrée, ça bipe à la sortie et cela donne un temps. L’idée est d’arriver très vite pour pouvoir raser le sol et rester à 1m du sol sur une assez grande distance. C’est assez impressionnant, cela demande beaucoup d’engagement avec des prototypes, des voiles usine.
C’est une des dernières épreuves du parachutisme. Il faut beaucoup d’engagement, de précision. C’est une discipline assez risquée, assez extrême, si on évalue mal la hauteur, on peut toucher l’eau et à cette vitesse, cela peut être renversant.

une épreuve de distance basée sur le même principe, il faut passer au niveau des capteurs, mais là, on ne chronomètre pas la vitesse, mais la distance maintenue à 1m du sol. Le record du monde est de 200 m, c’est-à-dire qu’à partir du moment où le parachutiste est à 1m du sol, il va « flairer » pendant 200m. C’est assez extraordinaire, c’est fabuleux !
enfin, la dernière épreuve c’est la précision. Même principe, on fait sonner un capteur, on traverse le bassin en « draguant » l’eau, c’est-à-dire en faisant une petite touchette avec le pied, sans trop rentrer dans l’eau car on casse toute la vitesse et on va finir dans des cibles placées à la sortie du bassin. L’idée est d’aller à la cible centrale et de se poser debout pour avoir le meilleur score.
Au final, il y a un classement overall des 3 spécialités.

A Kaohsiung il y a 4 ans, le côté extrême faisait que cette discipline était plus ou moins interdite en France…
A Kaohsiung il y a avait deux disciplines du parachutisme : la voile contact, la mienne mais je n’y ai pas participé car je préparais les championnats du monde, et, déjà, le canopy piloting.

Mais c’est vrai que cette discipline a 4 ans d’existence en France. C’est parti des États-Unis avec un aspect beaucoup plus spectaculaire et de démonstration. La Fédération française de parachutisme a mis du temps à créer une équipe, on a attendu que des règles soient fixées, que la discipline se structure, notamment pour protéger nos athlètes, car au début il y a eu pas mal d’accident.

Au début c’était vraiment des prototypes, des voiles vraiment très rapides, des formules 1 de toutes petites tailles, et c’était no limit dans le sens où les gens se mettaient des gilets de poids pour pouvoir augmenter la charge à l’air et la vitesse pour donner un enfoncement. Et puis, tout le monde rentrait sur le circuit.

Aujourd’hui il y a des filtres, des sélections qui se font, tout le monde ne peut pas se retrouver en compétition de canopy piloting sans certains brevets. C’est un peu comme si nous on se retrouvait sur une piste olympique sans jamais avoir fait de ski. Pour vous donner une idée quand ils arrivent ils font un 360 ou deux 360 pour accélérer et venir s’engager sur le bassin, ils arrivent à 150/160 km/h, c’est vraiment impressionnant.

L’année dernière on a eu un champion d’Europe dans cette discipline et un athlète français c’est classé 6ème aux championnats du monde. Nous avons donc rattrapé notre retard et nous avons de bonnes chances dans les années à venir.

Tout cela a mis du temps, au départ l’accent était mis sur un aspect spectaculaire. Maintenant on réfléchit à mettre en place des protections comme en moto, pour la colonne vertébrale, les articulations, car, même si cela s’est structuré ça reste une discipline à risque dans le parachutisme qui est déjà en soi risqué.

Que représentent les Jeux Mondiaux pour une fédération comme la vôtre à fortiori pour une discipline en devenir comme celle dont vous nous parlez ?
Ces Jeux sont bien évidemment l’occasion d’avoir un coup de projecteur, car les Jeux Mondiaux ce sont les Jeux Olympiques des disciplines qui ne sont pas olympiques. C’est de la visibilité, c’est aussi peut être un accès un jour aux Jeux Olympiques. Avec les résultats que nous avons ces dernières années, on aimerait bien être olympique.

J’ai été à Barcelone en 1992, en démonstration, et on avait de grandes ambitions. On espérait accéder à l’Olympisme, mais ça ne s’est pas fait. Après il y a un mécanisme assez complexe pour rentrer aux Jeux, il y a beaucoup de demandes, c’est une discipline pas évidente à mettre en place, car il faut des moyens aériens, cela génère des problèmes de sécurité sur des sites olympiques, l’incertitude de la météo... tout cela nous dessert.

Mais pour en revenir aux Jeux Mondiaux, on a toujours au niveau de la fédération internationale des gens qui travaillent sur des programmes olympiques pour sortir une spécialité qui serait visible, qui serait médiatique. Et c’est vrai que le canopy piloting, c’est beaucoup d’épreuves, il faudrait peut-être simplifier le programme. Quand on veut vendre une discipline il faut qu’elle soit visible, assez simple, pas trop complexe pour que les gens comprennent, effectivement ça peut nous permettre peut être un jour d’aboutir aux Jeux Olympiques…

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