Cyrielle Cotry : « Aux Mondiaux 2013, tout peut arriver »

Interview
Cyrielle Cotry - Photo : FFTA
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Alors qu'elle sort à peine de la finale de la Coupe du monde, organisée à Paris, les 21 et 22 septembre, Cyrielle Cotry retrouve, dès la semaine prochaine, la crème internationale du tir à l'arc. Du 29 septembre au 6 octobre 2013, notre archère Bleue sera sur le pas de tir d'Antalya, en Turquie, pour prendre part aux championnats du monde de tir à l'arc olympique. Encore émue par son expérience au Trocadéro, la future maman s'y rend essentiellement pour prendre du plaisir. Mais elle garde à l'esprit que tout est possible...

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La finale de la Coupe du monde qui avait lieu à Paris vient de s’achever. Tu perds en quart de finale contre la n°1 mondiale et en finale du double mixte avec Gaël Prévost. Es-tu satisfaite de ta performance ?
Je suis déçue à cause des défaites, c'est évident, mais je suis avant tout contente d’avoir vécu ce moment et d’avoir pu me rendre compte de ce que c’était de tirer avec 2000 personnes autour de soi. Je suis globalement satisfaite de ce que j’ai fait. Certes, j’aurais voulu faire mieux. J’ai mal tiré certaines flèches mais, grâce à cette expérience, je sais ce que je ne dois pas reproduire la prochaine fois et ce que je dois améliorer. Il y a plein de choses positives qui ressortent. Après ma défaite en individuel, j’étais beaucoup plus détendue lors du match en mixte et j’ai pris plus de plaisir.

Justement, qu’as-tu ressenti à tirer au Trocadéro, dans un lieu magique, devant le public français ?
Le lieu en lui-même, on a eu le temps de le voir avant, de se familiariser avec. C’est magnifique bien sûr, mais au moment où l’on rentre sur le pas de tir, au milieu des gradins, c’est vrai qu’on l’oublie vite. Les 2000 personnes qui applaudissent et qui crient ton nom beaucoup moins ! Ça donne des frissons. J’avais une boule à la gorge et énormément d’émotions. C’est dur à gérer parce que l’on ne s’attend pas à cela, même si on l’imagine. Pour autant, j’ai pris beaucoup de plaisir. J’ai vraiment aimé découvrir cette sensation, ce n’est pas donné à tout le monde. Même lors d’une finale de compétition internationale, avec beaucoup de monde dans les tribunes, la majorité des spectateurs n’est pas française et on n’est pas acclamé de la sorte.

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Travailler sur la concentration, évacuer la pression, ce sont des caractéristiques essentielles de ton sport : es-tu parvenue à le faire au Trocadéro ou t’es-tu sentie paralysée, si ce n’est par l’enjeu, par le contexte ?
Par le contexte, en effet. Franchement c’était dur de passer outre ! Dès que j’ai commencé à tirer, j’avais peur de lâcher mes flèches, de mal faire et, du coup, d’être jugée par tout le monde. Je n’étais pas toute seule comme à l’entraînement où je peux faire une faute que personne ne remarquera. Là, ça ne passe pas inaperçu… C’est cela qui engendre le plus de stress finalement, le jugement des autres.

Les bons résultats des Français sur la finale de la Coupe du monde, c’est plutôt de bon augure à quelques jours des championnats du monde. Comment te sens-tu ?
Plutôt bien. Je les aborde sereinement. Je n’ai jamais fait de médaille aux championnats du monde donc je ne pars pas en me disant que je vais faire un podium. J’aimerais bien entendu, mais je suis tout de même assez réaliste sur mes performances et celles des autres. Je vais juste essayer de prendre du plaisir et de me donner à fond. Après, tout est possible, tout peut arriver. Je sais que je peux faire de belles choses. Il faut plus que je l’aborde comme ça.

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Pas d’objectif clair donc…
Faire du mieux possible. En individuel et avec l’équipe. Si on se donne à fond, il y a vraiment la possibilité de faire un résultat. C’est comme tout, on ne peut pas savoir à l’avance ce qu’il va se passer. Je ne préfère pas trop me projeter au risque d’être déçue. Je vais faire le maximum, je suis plutôt sur une bonne dynamique, donc il faut que cela continue jusqu’à la semaine prochaine. On verra...

Quel est ton meilleur souvenir en carrière ?
Je dirais ma médaille en individuel lors du championnat d’Europe de l’an dernier. Le titre mondial en salle par équipe, en 2007, est aussi un super moment.

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Comment sens-tu le reste de l’équipe ?
J’ai l’habitude de côtoyer régulièrement l’une des filles, Noémie Brianne, avec qui je m’entraîne à l’INSEP. On commence à bien se connaître et je sais que cela ira. Je connais moins Agnès Meri, même si j’ai déjà fait équipe avec elle en Colombie cette année. Il va falloir que l’on soit toutes les trois à notre meilleur niveau le même jour. Chez les garçons, Jean-Charles Valladont est plutôt en forme, Gaël Prévost est vraiment capable d’avoir un très haut niveau et Thomas Faucheron peut être tiré vers le haut par les autres, il peut se mettre au niveau. Ils sont souvent au rendez-vous lors des grosses compétitions. Il faut espérer qu’ils y seront encore ce coup-ci. Je sais qu’il existe une très bonne ambiance entre eux et que cela va les porter.

Comment expliquer la différence de niveau entre la France et les toutes meilleures Nations mondiales ?
Elles ont une culture différente de la nôtre. Les jeunes commencent le tir à l’arc très tôt avec l’optique du haut niveau, dès l’école primaire, alors qu’en France, on est plus dans la découverte, le loisir et on va mettre plusieurs années avant de se décider à passer le cap vers la compétition. Ils ont du coup quelques années d’avance sur nous. Dès 7 ans, ils font du tir à l’arc tous les jours et s’entraînent pour être champion olympique. Chez nous, c’est plutôt vers 15-16 ans. Ce n’est pas que c’est trop tard, mais on n’a pas la même maturité. On a du retard et ils ne nous attendent pas. En Corée et en Chine, c’est ce mode de fonctionnement. C’est impressionnant. Ils n’ont pas peur de bosser dur, de faire des journées très longues. On ne fait pas cela en France, même lorsque l’on fait du haut niveau, ce n’est pas aussi intensif.

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En tout cas, vous avez désormais un bel outil de travail à l’INSEP, puisque le nouveau centre d’entraînement, baptisé « Sébastien Flute », a été inauguré en grandes pompes jeudi dernier…
J’y ai déjà mis les pieds quelques fois, avant l’inauguration. Il est super beau. Après, ce n’est pas parce que l’on a de belles infrastructures que l’on va être plus forts, mais ça aide. C’est tout de même plus agréable d’aller dans un endroit sympa que sur un terrain dégradé. C’est une aide à la performance, mais celle-ci ne va pas venir toute seul, il faut continuer à aller s’entraîner chaque jour. En tout cas, il est vraiment bien et ça me donne plus envie d’y aller pour progresser.

Il paraît que tu ne seras pas toute seule aux championnats du monde… Tu attends un heureux événement… Félicitations !
Oui, merci ! J’attends un petit garçon, prévu pour fin février !

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