Mexico 1968 : Contexte

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Contexte

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D’un point de vue mexicain, la préparation des Jeux olympiques est marquée par la répression dramatique, le 3 octobre, moins de dix jours avant la cérémonie d’ouverture, d’une révolte étudiante contre le régime de Gustavo Diaz Ordaz. Près de trois cents morts sont ramassés sur la place des Trois-Cultures. La crainte de perturbations lors des Jeux olympiques se matérialise par une mobilisation importante des forces armées, ce qui, au final s’avèrera inutile, les étudiants profitant de la fête olympique plus qu’ils ne la détournent. Ce ne sera pas le cas pour tout le monde…
Aux Etats-Unis, le combat pour les droits civiques des Noirs américains continue, malgré l’assassinat, le 4 avril 1968, du révérend Martin Luther King. A Mexico, les coureurs relaient ainsi le message de l’organisateur de la marche sur Washington de 1963… Pour être exacts, les athlètes noirs américains s’inscrivent dans une démarche plus radicalisée, celle des Blacks Panthers. Leur approche est très visuelle : tous portent un gros macaron marqué « Olympic project for human rights » (OPHR) également affiché par nombre d’athlètes blancs de la délégation américaine, solidarisés. Leur approche se veut respectueuse des Jeux olympiques : il ne s’agit pas de boycotter (ce qui était initialement prévu) ou de saboter l’évènement, mais de se servir de cette caisse de résonance pour réaffirmer leur opposition à l’injustice dont les Afro-américains sont à l’époque victimes aux USA. Le 9 octobre, à trois jours de la cérémonie d’ouverture, de nombreux athlètes noirs américains pénètrent le bâtiment où logent les représentants de l'Afrique subsaharienne et procèdent à des échanges et cadeaux vestimentaires : pour les jours à venir, les Noirs américains se promènent dans le Village olympique vêtus de tenues traditionnelles africaines.
Mais c’est une semaine après que la force de l’image sera exploitée à son apogée. Ce mercredi 16 octobre, Tommie Smith et John Carlos montent sur les première et troisième marches pour la cérémonie des médailles du 200 m. Tandis que la bannière étoilée monte dans le ciel de Mexico, Smith et Carlos, chaussures enlevées, chaussettes noires (symbole de la pauvreté des leurs compatriotes de couleur), inclinent la tête et brandissent un poing ganté de noir (représentant l’unité et la révolte du peuple noir des Etats-Unis). Ils portent également au cou un foulard pour Smith et un collier pour Carlos, en référence aux nombreux lynchages commis dans le Sud des Etats-Unis. En coulisse, ils ont préparé leur coup d’éclat avec la complicité de Peter Norman, l’Australien médaillé d’argent qui leur demande un macaron OPHR et leur suggère de partager leur unique paire de gant. Un lien indéfectible naitra entre ces trois hommes. En 2006, Peter Norman décède : Carlos et Smith se rendent en Australie et portent le cercueil de leur camarade de lutte resté dans l’oubli.
Pour revenir sur Mexico, le podium est hué par le public. Avery Brundage, président du CIO, demande l’exclusion des deux athlètes américains, considérant que les questions de politique intérieure d'un pays n'ont pas leur place au sein de l’évènement olympique. Smith et Carlos sont suspendus de l'équipe américaine, bannis du village olympique et exclus à vie des Jeux olympiques. Ils recevront également des menaces de mort contre eux et leur famille. Ecœuré, Lee Evans ne veut pas courir le 400 m. A la demande de Carlos, il prend le départ et gagne en 43’86… un record du monde qui vivra 20 ans. Sur le podium, Lee Evans, Ron Freeman et Larry James, tous trois Noirs américains, portent le béret noir des Blacks Panthers et n’hésitent pas non plus à lever le poing. Etonnamment, alors que Carlos et Smith furent vilipendés, aucune sanction ne fut réellement prise contre les sprinters du 400m. Il reste un relais à courir. Le trio américain remporte l’or et, accompagnés de Vince Matthews, ils rééditent leur manifestation
Smith et Carlos achevèrent leur carrière sportive dans le football américain. En 2005, une statue des deux coureurs sur le podium de Mexico fut érigée sur le campus de la San Jose State University dont ils étaient issus. Entrés dans l’histoire olympique, ils sont désormais des symboles de la lutte pour les droits civiques.

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