Helsinki 1952 : Le fait

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Le fait

Zatopek a tout pris

Lors de la cérémonie d’ouverture, c’est Paavo Nurmi, 55 ans, qui porte la flamme olympique en haut d’une tour haute de 72,71 m, mesure du record du monde de lancer de javelot établi par le Finlandais Matti Järvinen en 1930. Après avoir grimpé cet escalier qui n’en finit pas, Nurmi laisse à Hannes Kolehmainen, 62 ans, l’autre référence nationale des courses de fond, le soin d’allumer la vasque. Comment ne pas voir dans l’identité des deux derniers relayeurs, le signe annonciateur de la consécration d’un champion d’exception, Emil Zátopek. A l’image de Nurmi, Zatopek est d’ailleurs connu pour être un précurseur en matière d’entrainement, qu’il concevait intense et par intervalles croissants d’intensité.
En 1952, le Tchécoslovaque n’en était pas à ses premiers Jeux. Quatre ans plus tôt, il avait déjà emporté l’or du 10 000m, avec un tour d’avance pris sur tous ses concurrents sauf deux, relégués pour leur part à 300m, et l’argent du 5000m, devancé alors par le Belge Gaston Reiff. Dès 1949, il battait le record du monde du 10 000m distance sur laquelle il fut invaincu 6 ans, soit 38 courses. Sa présence à Helsinki fut toutefois incertaine : révolté par l’exclusion de la délégation de Stanislav Jungwirth dont le père s’oppose au parti communiste, Zátopek met sa participation dans la balance et réussit finalement à faire partir son camarade de course. En Finlande, Zátopek s’impose à nouveau sur 10 000m, avec une avance de 100m. Il réalise le doublé sur 5 000m, après une incroyable accélération à un demi-tour de l’arrivée. Le même jour, son épouse, Dana, remporte l'or au javelot. Mais Zátopek ne s’arrête plus. Il s'inscrit à son premier marathon et le finit avec deux minutes et demie d'avance. Emil Zátopek reste le seul coureur à s'être imposé dans ces trois épreuves du 5 000m, du 10 000m et du marathon au cours d'une même édition des Jeux. Il courra une dernière fois le marathon en 1956 à Melbourne. Affaibli par une hernie opérée six semaines seulement avant les Jeux, il ne finira que sixième d’une course qui fit entrer Alain Mimoun dans la légende. A cette occasion, la "locomotive humaine" qui avait soufflé l’or au Français sur 5 000 m et du 10 000 m, se mit au garde à vous devant son ami et lui fit part du plaisir qu’il éprouvait de le voir victorieux. En 1966, grand seigneur, il offrit une de ses médailles d’or au champion australien Ron Clarke, qui ne parvint jamais à obtenir de titre olympique.
Zátopek, qui fut le premier à passer la barre des 20 kilomètres parcourus dans l’heure, fut nommé colonel au terme de sa carrière sportive. Proche d’Alexander Dubček, défenseur du « socialisme à visage humain », Zátopek se voit ébranlé par le Printemps de Prague en 1968 au cours duquel il appelle les armées d’occupations à respecter une « trêve olympique ». Radié de l’armée et du parti communiste, forcé de faire son autocritique il exerce alors des métiers manuels, notamment éboueur à Prague avant d’être envoyé dans les mines d'uranium de Jáchymov où il resta jusqu’en 1974. Réhabilité, le quadruple champion olympique tchèque s'est éteint à l'âge de 78 ans le 22 novembre 2000.

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