Berlin 1936 : Contexte

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Contexte

Les Jeux polémiques

Le 18 août 1936, la Une de L’Humanité titre : « A Berlin, on se sert du sport, on ne le sert pas »… une instrumentalisation de l’évènement olympique qui débute quelques mois auparavant, à Garmisch Partenkirschen (à l’époque, et sauf si le pays organisateur de l’édition estivale n’est pas en mesure géographique de le faire, les Jeux d’hiver et d’été doivent se tenir sur le même territoire).

Le Troisième Reich voit dans ces XIèmes Jeux olympiques une occasion de célébrer la puissance de la race aryenne et du régime nazi, tout en offrant une image rassurante. Le monde est pourtant secoué, à l’échelle internationale par la crise économique et, à l’échelle européenne, par une Guerre d’Espagne déclenchée le mois précédent et dans laquelle l’Allemagne est partie prenante. Barcelone avait été candidate à l’organisation des Jeux olympiques. Quelques semaines avant les Jeux, la capitale catalane accueille des contre-Jeux organisés en protestation de la tenue de l’évènement olympique berlinois.

Pendant les Jeux olympiques, Barcelone est en armes et débute une lutte républicaine qui ne s’achèvera qu’en février 1939, à la veille du conflit mondial, par la prise de la ville par les forces de Franco. Le matin même de la cérémonie d’ouverture, l’Espagne déclare finalement forfait et ne parait donc pas autour du stade au milieu des 49 nations présentes dont, pour la première fois, l’Afghanistan, les Bermudes, la Bolivie, le Costa-Rica, le Liechtenstein et le Pérou. Dans ce contexte, le CIO s’attache à faire respecter au mieux l’application des principes olympiques et tente au mieux de juguler les velléités nazies. Berlin doit accepter certains compromis comme celui de retirer les offenses les plus manifestes aux principes de participation universelle et de respect mutuel. Le Dr Goebbels, ministre de la Propagande, suspend ainsi la parution du journal antisémite Der Sturmer et fait disparaître des espaces publics les affichages antisémites.

Les athlètes juifs ou noirs, allemands et étrangers, sont par ailleurs autorisés à participer à des Jeux olympiques organisés par Theodore Lewald, président du Comité d’organisation et juif allemand contraint de rester pour cette préparation, et par Carl Diem, un des plus grands activistes de l’Olympisme Outre-Rhin (également psychologue, il fonde en 1946 de l’Ecole supérieure des sports de Cologne). Carl Diem est d’une importance fondamentale pour le cérémonial olympique puisqu’il invente pour ces Jeux le relais de la flamme olympique depuis le site antique Olympie (3000 relayeurs). Entre le sanctuaire et Berlin tous les villages accueillent invariablement ce passage par une fête mêlant folklore local, espoir de paix et manifestations sportives.

De fait, paradoxe de l’histoire, si cette édition reste la plus polémique de l’histoire olympique, elle n’en reste pas moins la plus aboutie de l’époque, Berlin ayant vu les choses en grand. La capitale allemande se transforma donc pour l’occasion, se dotant notamment d'un stade colossal de 120 000 places, d'une piscine de 20 000 et d'un village olympique tout confort qui abritera une école d'officiers après les Jeux olympiques. En terme d’organisation, ces Jeux de 1936 font entrer l’évènement olympique dans la modernité, avec notamment la première retransmission télévisuelle locale (25 écrans géants répartis dans la ville) et un afflux du nombre de médias, en particulier étrangers, présents pour couvrir les compétitions.

Dans le même temps, l’Allemagne nazie fourbit ses armes et commet ses premiers crimes et forfaitures d’envergure, préludes aux drames de la Seconde Guerre mondiale. Notons enfin que ce stade où les croix gammées se mêlaient aux anneaux olympiques, fut le dernier à voir le salut olympique. Chronologiquement apparu plus tôt, puisqu’inspiré du salut antique, sa proximité avec le salut nazi en sonna le glas.

Les Jeux de la XIIème olympiade, attribués à Tokyo en 1940 ne seront pas célébrés, ceux de 1944 (Londres) non plus.

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