Anvers 1920 : L’équipe de France Olympique

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L’équipe de France Olympique

Délégation : 296 participants (290 hommes, 6 femmes)
Bilan : 40 médailles dans 13 sports – 9 en or, 18 en argent, 13 en bronze – deux féminines et une mixte. La France termine 8ème Nation

Suzanne, la divine
Rares étaient les terrains de tennis privés en ce début de XXème siècle. C’est pourtant ce privilège que connait Suzanne Lenglen qui, dès l’âge de 11 ans, bénéficie du court familial (en terre battue), puis des cours paternels. Nous sommes alors en 1910 à Marest-sur-Matz (Oise). Ayant intégré le Tennis Club de Nice, Suzanne Lenglen participe à son premier tournoi senior à l’âge de 13 ans. Son aisance la fait remarquer par le Néo-zélandais Anthony Wilding, alors champion du monde, qui la sollicite en 1913 pour faire équipe en double mixte. Dès l’année suivante, Lenglen atteint la finale du championnat de France (Roland Garros), puis devient championne du monde sur terre battue.

Suzanne Lenglen

Ayant pris en maturité physique et tennistique durant le conflit mondial, Suzanne réapparait à Wimbledon en 1919. Elle remporte le tournoi, en renversant en finale Dorothy Lambert Chambers, 40 ans et déjà victorieuse à sept reprises sur le gazon londonien. L’année suivante, aux Jeux olympiques d’Anvers, Suzanne Lenglen ne fait pas dans le détail. Elle s’adjuge le titre en simple, ne perdant que quatre jeux sur ses dix sets ! Personne n’est en mesure de rivaliser. Dans la foulée, elle remporte l’or du double mixte avec Max Decugis, enfin sacré vingt ans après la médaille d'argent obtenue en double avec l'Américain Basil Spalding de Garmendia (Decugis complète sa collection à Anvers avec la médaille de bronze en double obtenue avec André Gobert). Et pour conclure ces Jeux olympiques, Suzanne Lenglen remporte le bronze du double féminin en association avec Élisabeth d'Ayen.

Suzanne Lenglen et Max Decugis

Révolutionnant le tennis, par des innovations techniques comme vestimentaires (avec notamment ses jupes courtes inédites), Suzanne Lenglen domine le tennis mondial jusqu’en 1926, date de la fin de sa carrière amateur. En sept ans, elle remporte 241 tournois, dont 81 en simple avec notamment une série de 171 victoires consécutives. Elle s’adjuge également six titres à Wimbledon et autant à Roland Garros !
En 1926, elle met un terme à sa carrière amateur, suite à un incident à Wimbledon où elle refuse de jouer deux matchs consécutifs en simple et en double, faisant un affront à la reine et au public anglais qui se détourne d’elle. Première femme à devenir professionnelle, Suzanne part en tournée américaine pour un an, et remporte notamment l’ensemble de ses matchs qui l’opposent à Mary Browne… 38 consécutifs !

De retour en France, elle ouvre une école de tennis et s’engage pour la prise en compte du sport féminin. Atteinte d’une leucémie qui la rend aveugle sur la fin de ses jours, Suzanne Lenglen décède le 4 juillet 1938. Elevée à l’International Tennis Hall of Fame en 1978, la championne a également été honorée à Roland Garros, où le second court de par sa capacité (10 000 places) porte son nom depuis 1997.

Cochon volant
17 août, dernier tour du 5 000 m. En tête, un Finlandais et un Français. Scénario connu des contemporains, mais les noms des acteurs ont changé : Bouin est mort au champ d’honneur le 29 septembre 1914 lors de l'attaque du « Mont Sec » et Kolehmainen court le marathon (qu'il gagnera d'ailleurs).
Le Finlandais s'appelle désormais Paavo Nurmi, le Français Joseph Guillemot. Drôle d'oiseau que ce Limousin de vingt ans au torse court, perché sur des jambes trop longues pour son mètre 60, qui grille un paquet de Gauloises par jour et affiche son mauvais caractère. Guillemot tête de lard s'est choisi pour symbole le cochon, dont il a fait broder la tête, hilare, sur son maillot.

Joseph Guillemot

La cloche sonne. Dernier tour. Nurmi attaque. Une fois, puis deux. En vain. A 180 mètres du but, le Français lache son accélération. Il s'envole. Nurmi ne revient pas. Guillemot a réécrit le scénario du 5 000 m. « Pour nos trois couleurs », dit-il. Mais aussi pour Jean Bouin. Oubliée sa petite nuit de quatre heures, due à quelques chahuteurs de l'équipe...
L'ancien chasseur à pied de l'armée du Rhin ne le sait pas encore, il vient de battre une légende, LA légende du fond de la première moitié du XXème siècle. Vainqueur du 10 000 m (devant Guillemot justement) et du cross-country individuel et par équipes à Anvers, Nurmi gagnera au total neuf titres olympiques dont six individuels. La Finlande est partie pour une longue période de domination des courses de fond.

Massard, du coq au COF
International d’escrime dès 1909, Armand Massard le resta vingt ans. Il remporta, avant-guerre, le championnat international de France d’épée en 1910 et le tournoi international mixte (professeurs et amateurs) en 1911. Une performance qu’il réédita… en 1927. Champion de France à l'épée en 1914, Armand Massard fut gravement blessé lors de la Première Guerre mondiale (il deviendra d’ailleurs président de la Ligue des escrimeurs Anciens Combattants.

A Anvers, les escrimeurs français furent les seuls à résister à la furia italienne symbolisée par Nadi. Avec 8 médailles au total, la France fit mieux que les 6 médailles transalpines (dont cinq titres pour Nadi). Les épéistes surtout font carton plein ou presque : l’or pour Armand Massard, l’argent pour Alexandre Lippman, le bronze pour Gustave Buchard et pour l’équipe composée de ces trois médaillés ainsi que de Gaston Amson, Emile Moreau, Georges Trombert, Georges Casanova et Frédéric Dubordieu. Vinrent s’ajouter à ce total : l’argent par équipe en sabre et au fleuret, ainsi que l’argent et le bronze en fleuret individuel (Philippe Cattiau et François Ducret). Huit ans plus tard, capitaine de l’équipe olympique d’épée aux Jeux olympiques d’Amsterdam, Armand Massard obtint avec ses coéquipiers la médaille d’argent de sa discipline.

Armand Massard

Sportif éclectique, Armand Massard fut par ailleurs pilote de l’équipe qui remporta le Championnat des Alpes de bobsleigh (Chamonix 1923), obtint des médailles de bronze, d’argent et d’or au Concours hippiques de Paris et participa à de nombreuses épreuves motonautiques ou pédestres.
Egalement dirigeant, Armand Massard fut, dès sa fondation en 1908, membre du Comité national des Sports, dont il prit par la suite la vice-présidence. Fondateur en 1911, puis président, de la Fédération parisienne d’escrime, il consacra son après-carrière sportive au mouvement sportif, devenant vice-président, puis président et président d’honneur de la Fédération française d’escrime et président du Comité olympique français de 1933 à 1967. Créateur, Massard initia le Stade Pierre de Coubertin à Paris et de nombreuses épreuves motonautiques et hippiques.

Par ailleurs ouvert au sport féminin, ce qui n’était pas forcément le plus courant à l’époque, Massard créa le concours de « la plus belle amazone » en 1930 et fut à l’origine de nombreux raids hippiques féminins. Coopté au sein du CIO en 1946, il en devint vice-président en 1952 lors de la Session d’Helsinki et fut notamment un intermédiaire du Mouvement olympique avec le système onusien, en particulier l’UNESCO. Premier vice-président de l’Académie des sports (président de la Section des sports athlétiques), il occupa également la vice-présidence du Syndicat et de l’Association des journalistes sportifs. Son activité fut également politique puisqu’il occupa la vice-présidence du Conseil Municipal de Paris.
Il fut le premier escrimeur nommé « Gloire du sport français », en 1992.


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