Athènes 1896 : Le fait

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Le fait

Spiridon Louys : la transhumance du berger

Né le 12 janvier 1873 à Maroussi, en périphérie d’Athènes, Spiridon Louys est un berger grec âgé de 23 ans.
Le 10 avril 1896, il devient le héros de la Nation grecque en remportant la première édition d’une épreuve née de l’esprit helléniste du français Michel Bréal : le marathon. Cette course, la plus chère aux yeux des Grecs, avait été imaginée par le Français Michel Bréal, en hommage à la vaillance légendaire du soldat Phidippidès. En -490, ce guerrier athénien aurait parcouru la distance séparant Marathon, où se déroulait une grande bataille contre les Perses, et Athènes pour y annoncer la victoire hellène et serait mort après avoir fait son annonce.
En tant que référence à l’Antiquité, mais aussi par la souffrance des marathoniens aux larmes salies, et par ces drames individuels qu’ils construisent tout autant qu’ils subissent en se dépassant, le marathon a depuis a éminemment contribué à la représentation des Jeux Olympiques.

Ce 10 avril 1896 donc, dès 10 heures du matin, la foule commence à remplir le stade d'Athènes. Pour stimuler l'ardeur des concurrents grecs les promesses de cadeaux s'étaient multipliées (barriques de vin millésimées, pain ou rasage gratuit à vie, tonne de chocolat, bijoux... .). En particulier, le riche négociant Georges Averoff, mécène ayant permis la construction du stade de marbre d’Athènes, avait promis un million de Drachme au Grec qui pourrait l’emporter.
25 coureurs s’alignent finalement sur le pont du village de Marathon, les yeux rivés sur la voie qui mènerait neuf d’entre eux au stade olympique d’Athènes. La chaleur est annonciatrice d’un calvaire, que d’aucuns craignent mortel.

Parmi les engagés, un intrus grec, éliminé des sélections ; un petit bonhomme d’1m60, riche en moustache et chaussé par son village. Spiridon Louys doit sa participation à l’intermédiation bienveillante de l’homme qui, sur le bord de la route, à proximité de la charrette médicale (et balai), s’apprête à donner le départ, le colonel Papadiamantopoulos, membre du Comité d’organisation et sous l’autorité duquel il a fait ses classes. Il y avait alors démontré une endurance hors norme, illustrée par une célèbre anecdote : il aurait parcouru 22 kilomètres en deux heures pour aller chercher les lunettes du colonel nécessaires à la lecture d’un discours.
A ses côtés, des compatriotes et quatre étrangers.

L’Australien Edwin Flack, rendu confiant par ses succès aux 1500m et sur 800m, ne doute pas de battre à nouveau l’Américain Arthur Blake et le Français Albin Lermusiaux, ses dauphins sur 1500m, et ne sent pas plus menacé par les Grecs que par le Hongrois Gyula Kellner, seul à avoir déjà tenté cette distance auparavant.

Après un départ prudent pour ces 40 kilomètres que faisait alors le marathon, les concurrents, menés par Lermusiaux commencent à souffrir et, à partir du 10ème kilomètre, à se distancer. Le Français accélère et file, prenant jusqu’à trois kilomètres d’avance sur ses poursuivants. Informé de l’écart, Louys reste pourtant confiant, persuadé que la chaleur aurait raison des intrépides qu’il rattraperait pour mieux les battre. Lermusiaux n’en est pas moins couronné d’olivier par les habitants du village de Karvati qui pensent délivrer là sa première récompense au futur vainqueur. Las, la barre des trente kilomètres lui est fatidique et, après s’être arrêté une première fois pour se faire masser par son suiveur, Alphonse Grisel, il se fait rattraper par les crampes, puis par Flack, Louys et s’effondre littéralement. Dès lors, le petit Louys, resté frais, reprend inexorablement puis distance l’Australien qui, après avoir tenté de s’accrocher, n’a finalement d’autre choix que de rejoindre Lermusiaux au sol.

Au terme des 4 derniers kilomètres, le canon annonce son entrée dans Athènes. Il pénètre le stade où la foule lui réserve un accueil exceptionnel, notamment les fils du roi qui l’attendent sur la piste, et le mènent à la tribune d’honneur où George 1er le félicite. Ses 2 heures 58 minutes et 50 secondes d’exploit qui rachètent les piètres performances nationales. Le roi lui offre d’exaucer un vœu. Il demande la libération de son frère, en prison pour une rixe au couteau, ainsi qu’un cheval et une carriole pour transporter son eau.

Objet soudain d’une adulation extraordinaire, Spiridon Louys, ne s’en retourne pas moins au village, et ne courra jamais plus. Désigné porteur de la flamme puis porte-drapeau de la délégation grecque pour les Jeux Olympiques de Berlin 40 ans plus tard, il se rend dans la tribune d’honneur pour remettre au dictateur allemand Adolf Hitler, qui le congratule, un rameau d’olivier. Sa mort par crise cardiaque survient le 25 mars 1940, en plein conflit mondial. Ses obsèques sont nationales.

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