Olympiens en construction

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Les Jeux Méditerranéens sont une occasion en or pour de nombreuses fédérations d’initier leurs athlètes à l’environnement multisport international, si particulier. Tout au long de l’année, chaque discipline vit un peu en vase clos. Les équipes nationales se retrouvent à intervalles réguliers sur les étapes de leur circuit - Coupe du monde, Grand Slam, meeting, open, tournoi… - et toutes les nations se connaissent parfaitement bien. Les événements patronnés par le CIO confèrent véritablement une atmosphère singulière, et c’est aussi ce qui fait tout leur charme et leur intérêt : rencontrer d’autres sports, découvrir d’autres cultures, partager d’autres valeurs. Gérer ce contexte peu commun s’apprend et maîtriser l’agitation ambiante est déjà un facteur de réussite sportive en soi.

Alors, avant les Jeux Olympiques, bien entendu la compétition où cette dimension est la plus exacerbée, initier les athlètes tricolores à ce climat est un passage presque essentiel. Les Jeux Méditerranéens répondent aussi à cet objectif, comme les Festivals olympiques de la jeunesse (FOJE) ou les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), pour les athlètes encore plus jeunes. Et il n’est pas rare que la progression se fasse crescendo, avec une entrée par un FOJE, une suite par un JOJ, une évolution par les Jeux Méditerranéens ou Européens, et un aboutissement aux Jeux Olympiques. C’est d’ailleurs le cas de certains membres de la délégation française présents ici, à Tarragone.

Laura Valette a commencé son "parcours olympique" au FOJE d’été d’Utrecht (Pays-Bas) en 2013, avec à la clé une médaille d’or du 100m haies. Un an plus tard, en 2014, elle prenait l’avion pour Nanjing afin d’y disputer la 2e édition des JOJ d’été, pour un résultat identique : de l’or. "Le FOJE était ma première grosse compétition internationale, donc j’en garde plus un souvenir de découverte. C’était une belle expérience. Les JOJ, c’est à ce jour mon plus bel événement depuis que je fais de l’athlétisme." Marche après marche. Une haie à la fois. Avec un franchissement d’étapes aussi logique et une montée en puissance parfaitement cohérente, il n’était donc pas illogique de la retrouver engagée sur ces Jeux Méditerranéens.

Tout sportif a les JO en tête

"Les Jeux Méditerranéens étaient un peu difficile à gérer car nous sommes en pleine saison à l’athlétisme, avec notamment les championnats de France qui arrivent dans une semaine. Il fallait les aborder comme une compétition importante bien sûr, mais surtout comme un tremplin vers les hautes performances de fin de saison." La suite de son parcours, elle l’espère olympique, "tout sportif a les JO en tête. Il faudra faire les performances pour se qualifier mais c’est évidemment l’un de mes objectifs principaux. Dès 2020 si possible pour une première expérience, avant d’être vraiment compétitive en 2024." Paris 2024, la chance d’une vie pour la génération du même millésime : "pour tous les sportifs qui ont mon âge, ce sera sans doute la compétition de notre carrière. Même si c’est encore un peu loin, tout le monde l’a dans un coin de sa tête."

Yoann Miangue, lui, était aux côtés de Laura à Nanjing. Il y avait aussi décroché l’or, en taekwondo. Evidemment, il s’en souvient comme si c’était hier : "Je garde un excellent souvenir de Nanjing, pour mon premier déplacement pluridisciplinaire. J’y avais d’ailleurs par chance, par travail aussi, décroché la médaille d’or. C’est le meilleur voyage de ma carrière pour le moment." Depuis, il a eu une phase de moins bien, sportivement parlant, avec des résultats en dents de scie alors que de grands espoirs sont fondés en lui. Mais depuis le début de l’année, tout va beaucoup mieux et les performances suivent.

Ces étapes (...) nous permettent de nous construire

Aux Jeux Méditerranéens, le plateau est relevé et l’adversité dense. Croatie, Italie, Serbie, Turquie… De nombreuses nations fortes de la discipline bordent la Mare Nostrum. Un challenge donc pour les combattants français, un véritable test. Ici, Yoann a chuté en demi-finale, alors qu’il menait plutôt confortablement. Pour autant, il en gardera une image positive, "J’ai passé une très bonne semaine ici. Le format est un peu plus court que les JOJ et il y a un peu moins de nations. Je n’ai pas réussi à décrocher l’or mais j’ai tout de même obtenu une médaille donc ça restera gravé dans ma mémoire." Dans un coin de sa tête, les Jeux Olympiques. Une suite qui semblerait cohérente compte tenu de son parcours. Ceux de Tokyo d’abord, qui se profilent à l’horizon 2020, puis ceux de Paris pour lesquels les athlètes de cette génération 2024 auront à cœur d’être au rendez-vous, "Toutes ces étapes, JOJ, Jeux Méditerranéens, Jeux Européens, nous permettent de nous construire petit à petit jusqu’à décrocher le Graal, l’or olympique. Que ce soit à Tokyo ou à Paris, voire aux deux pourquoi pas, tout est réuni pour construire mon futur résultat. L’or olympique j’espère !"

Les Jeux de Paris, justement, pour lesquels il s’est d’ores et déjà investi extra-sportivement, "on m’a contacté pour devenir ambassadeur de la génération 2024, cette génération d’athlètes potentiellement qualifiables pour ces Jeux. Durant ces deux dernières années ça a été un plaisir pour moi de jouer ce rôle. Nous nous sommes réunis plusieurs fois, pour échanger, trouver des idées sur comment réunir les jeunes de France autour de cette candidature. J’ai pu me rendre à Lima pour l’annonce officielle. Cette expérience a été très belle, enrichissante. J’ai pu rencontrer de très grands sportifs français, comme Teddy Riner, Emmeline Ndongue ou la ministre des sports, Laura Flessel. Ça m’a permis de me forger, en m’inspirant d’eux. Ça m’a donné envie d’être comme eux, voire mieux !" Oui, l’histoire serait belle s’il parvenait à atteindre son objectif de participer aux Jeux Olympiques un jour. Et pourquoi pas à Paris, lui qui a été impliqué dès les prémices de l’aventure.

Appelé de dernière minute pour faire le déplacement à Tarragone, Lucas Dussoulier est membre du collectif basket présent ici. Très bizarrement, le sport ne se déroule pas dans une arena climatisé, sur un parquet parfaitement entretenu, avec une opposition en 5 contre 5. Non, il s’agit de 3x3, la discipline en vogue. Déjà au programme de Nanjing, depuis inscrite à celui de Tokyo, l’épreuve avait fait fureur en 2014. Son lieu en plein air, son côté spectaculaire et fun, son format court, on séduit un large public et les tribunes ne désemplissaient pas. Ce moment, Lucas Dussoulier l’a vécu, décrochant la médaille d’argent derrière la Slovénie, avec en prime l’or de son coéquipier Karim Mouliom lors du concours de dunks. Tout cela sous les yeux d’un public en feu, avec de nombreux Français, et en bonus les présences du géant du basket chinois, Yao Ming, 2m29 sur la toise et star de la NBA, et du président du CIO, Thomas Bach. Un épisode gravé, "C’était une expérience de fou franchement ! C’était les JO en fait et le cadre était exceptionnel ! En plus on avait eu une médaille d’argent, un peu inespérée au départ mais finalement décevante, puisqu’on perd sur un tir au buzzer en prolongation. Avec du recul je suis très heureux d’avoir fait cette médaille."

(les JOJ) une expérience de fou !

A Tarragone, l’histoire a failli se répéter pour Lucas. Engagé dans une finale intense et serrée contre l’Italie, la décision s’est faite en prolongation, mais en faveur de la France cette fois-ci, avec l’or à la clé, "on a eu un parcours difficile, avec des grosses équipes en quart et en demie. On est dominé toute la finale mais on arrive à revenir et à accrocher la prolongation. A ce moment je dis à l’un de mes coéquipiers que je ne veux absolument pas revivre ce que j’avais vécu à Nanjing. On devait gagner ! C’est ce qu’on a fait, in extremis, grâce à un rebond de Tim (Eboh), qui met le panier ensuite. J’ai explosé de joie, j’étais comme un fou !"

Un bonheur partagé avec les filles qui plus est, qui avaient dominé le pays hôte quelques minutes auparavant et empoché le même métal. Le sans faute donc pour les basketteurs sur ces Jeux Méditerranéens. Une sacrée performance : "C’est le doublé, on ne pouvait pas rêver mieux. On est ensemble depuis le début du mois de juin et je crois qu’on n’a pas perdu un seul match. On a continué sur cette lancée. Les filles ont fait un gros tournoi, en battant l’Espagne chez elle. C’était la soirée parfaite."

Lui qui a passé cette année sportive au club de Charleville Mézières, en Pro B, éprouve toujours beaucoup de plaisir à être sélectionné en 3x3. Alors bien sûr, depuis que l’épreuve a officiellement intégré le programme des Jeux Olympiques de Tokyo, l’idée de faire partie du voyage trotte forcément dans son esprit, "clairement, ça donne envie. Comme pour tout sportif, les JO c’est l’aboutissement, le Graal comme je disais." Tokyo comme première étape olympique du basket 3x3, avant de se mettre en scène à Paris, en 2024, sans doute dans un lieu iconique comme ceux dont le Comité d’organisation a le secret…

Et ces trois-là ne sont pas les seuls… Marine Boyer (Gymnastique - FOJE 2015), Aurélie Chaboudez (Athlétisme - JOJ 2010), Yanis Esmeralda David (Athlétisme - JOJ 2014), Jolan Florimont (Judo - JOJ 2014), Arnaud Gauthier-Rat (Beach volley - JOJ 2014), Thomas Koening (Tir à l’arc - JOJ 2014), Cynthia Leduc (Athlétisme - JOJ 2014), Lucas Moutarde (Athlétisme – JOJ 2014), Lezana Placette (Beach volley - JOJ 2014), Tom Reux (Athlétisme - FOJE 2015), Alexia Richard (Beach volley - JOJ 2014)… Pour ne citer qu’eux… Des noms à mémoriser tant il est possible de les voir un jour sélectionner pour la plus prestigieuse des compétitions sportives, pour le plus événement au monde : les Jeux Olympiques.

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