Perrine Laffont : "Capable de gagner"

Interview
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Pour sa seconde participation aux Jeux Olympiques d'hiver en ski de bosses, Perrine Laffont nourrit de grandes ambitions à PyeongChang (Corée du Sud). Voici ses premières impressions...

Tu as déjà pu expérimenter cette piste de PyeongChang l’an passé, est-ce qu’il y a une différence aujourd’hui ?

Perrine LAFFONT : "Il y a clairement une différence par rapport au test pré-olympique qu’on avait pu faire ici l’année dernière.
On s’est préparé pendant un an mentalement à pré-visualiser la course sur un type de piste, un type de neige, et finalement ce n’est pas du tout pareil donc il a fallu se réadapter un peu. Le froid est aussi un des facteurs qui fait que la piste est plus compliquée. Il y a des grosses bosses bien gelées donc il faut réadapter son ski et son run. C’est compliqué les premiers jours lors, des premières descentes mais ça va de mieux en mieux et la piste va de mieux en mieux elle aussi."

Qu’est-ce qui est si différent par rapport à l’année dernière ?

P.L : "La qualité de la neige. On est sur une neige vraiment béton, l’an passé c’était plus soft, les bosses étaient plus petites. Là on se retrouve avec des « montagnes ».
Les sauts sont plus compliqués, les bosses sont très rapprochées du tremplin et ça ne nous facilite pas la tâche."

A ton avis, c’est une volonté de rendre la piste plus difficile ou c’est vraiment à cause des conditions climatiques ?

PL : "Je pense que la piste est volontairement plus difficile pour que les meilleurs skieurs ressortent. La météo est aussi un gros facteur, mais qui joue plus sur les bosses.
Au cours de la saison en Coupe du monde, on n’a jamais eu ces conditions sur des finales.
Le froid nous oblige à nous réchauffer entre chaque run. On a le bout du nez et les joues qui gèlent, ça fait longtemps que nous n’avions pas connu ça mais on s’adapte."

Par rapport à Sotchi, c’est donc un peu différent ?

P.L : "Oui totalement. A Sotchi je n’avais qu’une couche sous ma veste et ça allait et là j’en suis à trois ou quatre ! C’est un facteur à prendre en compte, ça rajoute de la difficulté. Mais ça ne change rien au niveau de l’entraînement, on part juste avec une couche en plus."

Cette neige béton, c’est quelque chose qui te déstabilise un peu ?

P.L : "C’est un type de neige que je n’aime pas mais c’est pareil pour tous les athlètes, on a de moins bonnes sensations, la neige est plus abrasive. Ce n’est pas la qualité de neige idéale.
Ça nous pousse plus à la faute et c’est une neige plus difficile à skier. Sur une neige molle on fait plus facilement nos virages. Là on est sur de la glace, les appuis sont plus fuyants."


Tu avais parlé de la pression qui venait du public à Sotchi, comment gères-tu ça à PyeongChang ?

P.L : "Je suis plus dans ma bulle, mais je reste un peu connectée. J’essaye de ne pas trop écouter ce qui se dit pour me couper de la pression du résultat que tout le monde peut me mettre."

A quoi ressemble ta journée type en ce moment ?

P.L : "Les journées passent assez vite. Le matin on se lève, on va faire les soins, on mange, on fait de la récupération et une sieste, puis on part à l’entraînement. Donc il y a peu de temps à tuer."

Camille (Cabrol) va participer à ses premiers Jeux. Est-ce que tu lui donnes quelques conseils ?

P.L : "Camille elle est assez discrète. Elle ne me demande pas grand chose et sur toutes les compétitions on ne se voit pas skier donc c’est un peu difficile de se donner des conseils. Après, si elle en a besoin, je pense qu’elle n’hésitera pas à me demander et ça sera avec plaisir que je lui répondrai ! Mais c’est une fille assez sereine. C’est comme pour moi à Sotchi il y a 4 ans, elle est là pour prendre de l’expérience elle n’a pas de pression de résultat, elle ski et elle se fait plaisir."

Qu’est-ce que tu retiens de tes premiers Jeux ?

P.L : "Des beaux souvenirs et une belle expérience. Sotchi, ça a été magique ! Cette adrénaline et ce monde un peu féérique que sont les Jeux, c’est un beau souvenir !"


Tu as repensé à ta finale de Sotchi ces derniers jours ?

P.L : "Non, je n’y ai pas vraiment pensé. Il s’est passé plein de choses depuis. Je me rappelle qu’il y a 4 ans je me disais que je prendrai ma revanche dans 4 ans. Après, ça ne sert à rien de se dire qu’il faut un résultat. Je me concentre plus à me faire plaisir, à profiter de l’événement et à être relâchée."

Tu avais tâtonné en début de saison, puis tu gagnes la plus belle étape de Coupe du monde de la saison à Deer Valley (USA). Est-ce que ça a changé quelque chose pour toi dans l’appréhension de tes Jeux et de la suite de ta saison ?

P.L : "Forcément ça met un peu plus de confiance, les podiums que j’ai fait ça me prouve que je suis capable d’être sur la boite et de gagner aussi. Ça veut dire que toutes les médailles sont abordables."

Tu as douté après le début de l’hiver ?

P.L : "Oui, quand on n’est pas sur le podium, on est moins en confiance. Mais c’est surtout sur le mental que ça joue, il fallait régler des détails. Sur le côté technique, je savais que j’étais dans les meilleures. Mais je travaille avec une préparatrice mentale qui est avec moi aujourd’hui."

Est-ce que tu as échangé avec les autres athlètes des différentes disciplines ?

P.L : "Je n’ai pas encore eu beaucoup le temps. Comme je l’ai dit, les journées passent assez vite donc on se croise peu. Chacun a des entrainements différents, une programmation de journée différente donc c’est un peu difficile d’échanger pour le moment."

Perrine LAFFONT | Ski Acrobatique | Le Mag' des Bleus | Le journal des Bleus

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