Jean-Charles Valladont : "Revenir avec le titre"

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Après son titre de champion d'Europe il y a 2 mois, Jean-Charles Valladont est déterminé a monter sur le podium à Rio. Rencontre avec le chef de file du tir à l'arc français...

Quel est ton objectif en allant aux Jeux ?

Je suis déjà allé à Pékin. C’est beau, c’est magnifique. Les Jeux Olympiques, c’est quelque chose de merveilleux. Cependant, aller faire les Jeux, c’est bien, mais juste pour aller les faire, ça ne sert à rien. Je pense que mes deux collègues, aujourd’hui, même si c’est leur première fois, ont vraiment pris conscience de ça. On est satisfaits d’aller aux Jeux, d’y aller ensemble et individuellement, puisqu’on a l’avantage d’avoir ce sport qui nous permet d’avoir deux médailles, équipes et individuel. Nous avons chacun nos chances individuellement. Il y a 64 archers aux Jeux, donc nous avons quand même potentiellement plus de chances de ramener une médaille qu’à un championnat du monde où il y a plus de 200 archers. Et puis par équipes, il y a 12 équipes de 3 archers, et 3 médailles… statistiquement, on a quand même 3 chances sur 12 de revenir avec une médaille. Après, l’objectif, ce n’est pas vraiment cela. La finalité, c’est de revenir avec le titre et je pense que c’est cet objectif que chacun de nous a dans la tête et qu’on va essayer d’honorer en représentant la France.

Votre préparation s'est déroulée comment ?
On a pas mal bourlingué depuis huit mois. Nous nous sommes donc posés un petit peu, pour faire du suivi d’entraînement à l’INSEP, notamment avec Pierre [Plihon NDLR] qui est, je vous le rappelle, sur le club de Nîmes. Nous avons fait un stage du 19 au 22 juillet en Allemagne. Nous avons un arc, des flèches, ça nécessite des réglages assez pointus, puisque, des fois, ça se joue à la plus belle flèche, c’est-à-dire la plus près du centre. Donc l’idée, c’est de bénéficier des compétences d’une société allemande, qui permet de régler au mieux les arcs et de trier les flèches. Mais ça, effectivement, nous sommes obligés de le faire vraiment très proches des Jeux, puisque les flèches, ça s’use, ça se casse. L’idée, c’est vraiment de faire ça à la dernière minute pour arriver avec du matériel optimisé.

Le fait que ce soit dans l’hémisphère sud en hiver, ça change le réglage ?
On a assez l’habitude, parce qu’on a quand même des manches de Coupe du monde un peu partout. En règle générale, quand on arrive, on a toujours un entraînement, ce qui permet à la fois de vérifier les réglages et d’affiner. Mais après, je dirais, c’est surtout la grosse difficulté, ce sont les flèches. Avoir vraiment des flèches parfaites… dont on est sûrs que si on les tire correctement, elles iront plein centre, et c’est vraiment pour ça qu’on fait ce déplacement en Allemagne.

Jean-Charles, tu as eu des médailles sur tous les terrains, dans toutes les compétitions. La ligne manque à ton palmarès….

Oui, c’est sûr. Après, oui, j’ai décroché des médailles dans tous les domaines du tir à l’arc, et ce qui me fait bander, c’est tirer à l’arc, sans être péjoratif. Tirer à l’arc… que ce soit à l’entraînement, sur un championnat départemental, de Ligue ou du monde. C’est sûr qu’en haut de cette fameuse pyramide, il y a les Jeux Olympiques. C’est ce qui valorise la carrière d’un sportif, pour n’importe quel sport, et c’est le Graal. C’est la cerise sur le gâteau à aller chercher. Après, voilà… On a l’avantage d’avoir ces deux médailles possibles, individuelle et par équipes, c’est vrai que c’est une ligne qui manque. Chaque sportif aimerait la rajouter à son CV. Eh bien oui, c’est l’objectif. Personnellement, j’ai été champion d’Europe il y a deux mois, je suis numéro 10 mondial, j’ai vraiment envie d’aller chercher cette médaille. Je vais mettre tout en place pour aller la chercher individuellement et, par équipes, on va essayer de faire la même chose.

Par ton palmarès et ton expérience, par rapport à l’âge aussi pour certains, tu apparais un petit peu comme le… on va dire le capitaine. Est-ce que c’est un terme qu’il faut proscrire ou pas ?
On ne peut pas considérer qu’il y a ait un capitaine de l’équipe… ce n’est pas comme un capitaine de l’équipe de France de football qui va prendre les responsabilités. Là, c’est peut-être plus une histoire de leader. C’est vrai que du point de vue de l’expérience, du nombre d’années, d’arènes – quand on dit arène, c’est vraiment entrer en situation finale avec toutes les caméras, tous les écrans qui sont autour – j’ai peut-être un peu plus d’expérience qu’eux. Comme on dirait péjorativement entre nous, je fais un peu moins d’huile, quand je rentre sur le pas de tir. Après, c’est un rôle de leader qu’il faut aussi tenir et respecter. Je vais tout faire pour qu’on se sente bien ensemble et apporter au maximum de mon expérience. Après, ça reste quand même la dure loi du sport. Et puis, au début de saison, c’est Lucas [Daniel NDLR] qui a été le numéro 1 des Français et a gagné les sélections… On a tous les trois, sur le papier, le même niveau, le même potentiel. Après, bien sûr, il y a le psychologique qui joue, l’expérience et tout ça, mais je pense que ce que j’ai dans ma besace, j’essaierai de le faire partager au plus pour qu’on aille au plus loin ensemble.

Quels enseignements tires-tu de Pékin 2008 ?

On arrive là au milieu, on mange assis à côté de personnes qui sont déjà champions olympiques, que l’on voit tous les jours à la télé, le plus grand tennisman ou autre… Mais au fond, c’est un bonhomme qui fait la même chose que moi, qui s’entraîne tous les jours, c’est tout. Après, ce qui est intéressant, c’est de rentrer dans la même sphère que lui et pour cela, être le meilleur dans son sport, et en profiter. Et ce sont les Jeux Olympiques, qui, dans notre sport, tous les 4 ans, sont l’événement le plus médiatique, celui qui permet de nous exprimer et de récupérer une grande notoriété derrière. Voilà l’expérience que je tire de Pékin. C’était beau, tout rose, mais aujourd’hui je suis revenu sans rien. Et ce qui m’intéresse, c’est de marquer une nouvelle ligne dans le palmarès en écrivant qu’il y a une breloque.


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