Richard Remaud : "Mobiliser toute la société française…"

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#JeReveDesJeux avec Richard Remaud. Le président de la Fédération Française de Badminton évoque cet engagement mais aussi le plan de développement de sa discipline ! Interview...

Photo Francs Jeux

Vous êtes le président d’une fédération particulièrement investie dans le projet #JeReveDesJeux, quelle sont les sources de cet engagement ?

Pour le sport français, les Jeux sont un formidable catalyseur sportif et social. Du point de vue sportif, le home advantage, étudié par l’INSEP, montre que, sur quasiment toutes les dernières éditions des Jeux, il y a eu progression dans la hiérarchie des Nations pour les pays qui organisaient la manifestation. L’engagement auprès de la candidature de Paris 2024 est donc naturel pour toutes les fédérations olympiques. C’est notre objectif sportif qui se voit raffermi, soutenu et potentiellement amélioré par rapport à ce que l’on peut réaliser à l’occasion de Jeux Olympiques organisés à l’étranger.

Par ailleurs, l’histoire du badminton est intimement liée aux Jeux Olympiques. Cela vaut tout autant pour la fédération française que pour la fédération internationale. Le badminton est rentré aux Jeux en 1992 à Barcelone. Depuis, cette médiatisation, cette appréhension du badminton par l’ensemble de la population française a permis à notre discipline, qui était culturelle jusqu’alors - tout le monde connait le jeu de volant - de gagner ses lettre de noblesse en tant que sport et, derrière, de voir son nombre de licenciés exploser en vingt ans. Le développement du badminton français est donc intimement lié aux Jeux. C’est confirmé à chaque Olympiade, où les taux de progression du nombre de licenciés doublent en moyenne l’année qui suit les Jeux Olympiques.

J’ai une conviction : accueillir les jeux ce n’est pas que l’histoire d’une seule ville mais celle d’un pays tout entier...

Comment se manifeste concrètement le soutien de la Fédération française de badminton au programme #JeReveDesJeux ?

D’un point de vue financier, à une époque où les finances publiques doivent être l’objet de l’attention de tous et de toutes, il est normal que le sport se prenne en main, soit responsable de son destin et s’investisse dans la candidature. Ce point a été validé en bureau fédéral et nous nous sommes engagés, au nom de tous les licenciés français, à contribuer à hauteur de 50 000 euros pour soutenir la candidature. Nous relayons évidemment la mobilisation numérique, avec Twitter et Facebook mis à contribution pour proposer à nos licenciés de s’y engager. Notre journal, diffusé tous les trois mois à 180 000 licenciés, s’ouvre, pour cette édition, sur un éditorial consacré à l’Olympisme et à son lien avec le badminton.


Nos compétitions nationales se font également le relais de #JeReveDesJeux. Les Internationaux de France débutent par ailleurs le 20 octobre et, si nous en obtenons les autorisations, eu égard aux règles olympiques notamment, nous souhaiterions associer tous les spectateurs à cette mobilisation et produire des visuels de soutien.


Enfin, au-delà, nous sommes d’ores et déjà engagés à travers notre politique internationale dans la compétition pour obtenir les Jeux à Paris et en France. Nous œuvrons en effet depuis de longs mois à ce que la fédération internationale voie d’un bon œil le badminton en France. Cela se confirmera pendant les internationaux de France puisque lequel le Conseil d’administration de la fédération internationale tiendra sa session annuelle à Paris, sur ma proposition. Avec cette venue, on permet notamment à la France d’accueillir pendant plusieurs jours trois administrateurs de la fédération internationale qui sont également membres du CIO. Ils pourront apprécier la capacité du badminton français et plus globalement de la France à accueillir de grandes manifestations et donner ainsi l’envie d’organiser les Jeux sur notre territoire. Cela fait partie des missions de notre fédération.

On peut le constater sur les réseaux sociaux, cet engagement dépasse par ailleurs votre mandat de président de la Fédération française de badminton...

C’est vraiment quelque chose d’inscrit au cœur même de mon engagement en tant que responsable associatif depuis plus de 25 ans. Lorsque l’on a la chance, et c’en est une, de présider une fédération olympique, on ne doit avoir, au-delà du quotidien de la structurer et de la développer, qu’un objectif ultime, c’est un jour d’aider un ou plusieurs de ses membres à devenir médaillé et pourquoi pas champion olympique. Si, comme président de fédération olympique, je ne me mobilise pas pour les Jeux, je ne fais pas mon travail, je n’accomplis pas ma mission correctement et je ne mérite pas le suffrage des délégués qui m’ont élu. En tant que président, c’est un engagement très sincère et très fort.

A titre personnel, que j’estime, en tant que citoyen français, que les Jeux Olympiques sont pourvoyeurs d’une telle énergie, d’un tel œcuménisme social, sportif, confessionnel, politique qu’ils sont une chance que notre pays ne doit pas rater. C’est une opportunité pour notre économie, pour notre société, pour un nouveau projet de vivre ensemble, pour atténuer les douleurs dont souffrent de très nombreux Français. Je trouve ça vraiment naturel d’essayer de proposer une dynamique enthousiasmante à l’ensemble des citoyens français.

De 2017 à 2024, entre la décision d’attribution des Jeux et leur ouverture, les Français pourraient se mobiliser, se préparer, se rencontrer à travers tous les événements périphériques qui pourront être mis en place par les fédérations et le Comité d’organisation. C’est un moment très particulier qui peut nous aider à mobiliser toute la société française dans une seule et même direction. Se donner un projet commun, le mener à bien et se féliciter de l’avoir réussi et construit ensemble ne peut être que bénéfique pour l’ensemble de la société.


Une chance formidable pour tout notre pays, au-delà des aspects sportifs.

Quel est votre rêve olympique pour 2024 ?

Mon rêve de Jeux Olympiques pour 2024, c’est évidemment de voir des badistes français sur le podium olympique et sur la plus haute marche si possible. C’est un rêve que nous essayons de transformer en réalité dès aujourd’hui. J’ai déjà demandé au DTN d’identifier les jeunes joueurs et joueuses susceptibles d’être dans la course olympique en 2024 ; une génération 2024 sur laquelle on misera pour les années précédant ces Jeux Olympiques.

J’ai un autre rêve par ailleurs, celui de voir la France entière, pas seulement le Grand Paris, vivre, les Jeux Olympiques et Paralympique pendant 7 ans et pendant leur tenue, grâce au numérique, grâce aux animations territoriales. Si nous voulons gagner demain, c’est évidemment en partageant la ferveur des Jeux Olympiques sur l’ensemble du territoire français et, je le crois, sur l’ensemble du globe. Je suis particulièrement convaincu que l’un des mots clés des Jeux de 2024 sera celui de « partage ».

Vous évoquez la « génération 2024 », l’équipe de France connait l’émergence d’une nouvelle classe d’âge, où en est-elle et quelle est votre politique de développement la concernant ?

Nous avons aujourd’hui une somme de résultats particulièrement positifs. C’est la nouveauté. Les années précédentes, on ne pouvait compter que sur quelques leaders individuels, Hongyan, Brice... Aujourd’hui, on voit que, dans toutes les disciplines du badminton - les deux simples et les trois doubles - les badistes français se positionnent très régulièrement dans le Top 100 et pour une grande partie d’entre eux dans le top 50 mondial. Nous avons un double mixte 21e mondial, donc à la porte de la qualification aux Jeux, ce qui serait une première. Le double homme n’est pas loin non plus. Le collectif France a une densité de résultat inédite qui l’a fait monter d’un cran dans la hiérarchie mondiale. Il nous manque encore la victoire sur des tournois internationaux majeurs. Ce sont ces victoires qui vont permettre le saut qualitatif en terme d’appréhension par les joueurs qu’ils sont capables de battre les meilleurs.

C’est la raison pour laquelle nous avons voulu que nos joueurs aillent aux Jeux européens de Bakou et que nous avons souhaité accueillir en France les championnats d’Europe 2016. Il y a avait là un double objectif. D’abord, les championnats d’Europe vont apporter les derniers points qualificatifs pour les Jeux Olympiques de Rio. Il s’agissait donc de donner toutes les chances possibles aux joueurs français encore en lice pour cette qualification et leur donner toutes les chances : à domicile en étant soutenus, dans un environnement qu’ils connaissent et qu’ils maitrisent. C’était aussi leur donner une échéance européenne. Le badminton français doit encore atteindre cette dimension européenne. Nous voulons le placer dans le Top 3 européen pour devenir, d’ici 2020, l’un des leaders continentaux. C’est en gagnant en Europe que l’on pourra se projeter demain sur le chemin de médailles mondiales ou olympiques. C’est bien pour cela que nous avons cette stratégie sur le long terme.

Pour aider cette génération à gagner, il nous faut d’abord lui proposer des compétitions de niveau européen pour pouvoir ensuite se projeter sur les Jeux olympiques de Rio puis, bien entendu, de Tokyo et… Paris, en 2024. Je suis convaincu qu’on peut obtenir les Jeux et que l’on va les obtenir mais surtout, je suis convaincu que c’est une chance incroyable à laquelle nous devons tous nous attacher pour demain faire encore mieux faire avancer le sport français mais aussi toute la société. C’est une très belle chance que nous devons saisir. Elle ne se représentera pas souvent.

Le Mag' des Bleus | Ils rêvent des Jeux...

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