Jibé Grange : naissance d'un champion

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Jean-Pierre et Jean-Baptiste Grange




On ne devient pas champion par hasard. L’environnement aide fortement, les aléas de l’existence aussi, mais il faut y ajouter le talent, la volonté, le travail. Né à Saint-Jean de Maurienne le 10 octobre 1984, Jean-Baptiste Grange, double champion du monde 2011 et 2015 de slalom, a grandi dans la station de Valloire au sein d’une famille totalement dédiée au ski et à la compétition. Rien n’arrêtera son parcours vers les sommets, ou ne l’empêchera de réaliser son rêve d’enfant, même d’importants problèmes physiques avant l’adolescence. Témoignages.

« C’est à Valloire que tout a commencé pour moi », raconte Jean-Baptiste Grange au lendemain de sa victoire mondiale en Allemagne. « Mes parents étaient en équipe de France, ma tante aussi, mon grand-père et mon oncle étaient moniteurs ici et j’ai toujours baigné dans cette culture : la passion du ski et celle de la compétition. Il y avait des courses de Coupe d’Europe à Valloire et un champion qui courait en Coupe du monde, Alain Feutrier. Je suis quelqu’un de simple, de posé, j’aime être au calme. J’aime être dans mes montagnes parce que je m’y sens bien. Je tire cette force de mes origines. Tout s‘est construit petit à petit… mais depuis tout petit, je savais que j’allais être un champion ».

Après avoir revêtu les combinaisons de l’équipe de France au milieu des années 1970, son papa Jean-Pierre s’illustrant plutôt en slalom et en géant, sa maman Annick étant plus adepte de la vitesse, les Grange ouvrent un magasin de ski dans leur station de Valloire. C’est dans ce contexte que naissent François-Cyrille en 1983, Jean-Baptiste en 1984, puis Alexia en 1988.

Composer avec une hernie discale…

Annick et Jean-Pierre Grange

« Jean-Baptiste a commencé le ski à 2 ans ½. Il est entré au ski-club comme tous les enfants de Valloire », se remémore Annick Grange qui, comme son époux a de tout temps accompagné Jean-Baptiste vers la voie du succès. « C’était un garçon timide, plutôt introverti et je crois que le ski l’a aidé à s’épanouir. En poussins, lors d’une année où il marchait très bien et gagnait toutes les compétitions, il est revenu à la maison en disant qu’il avait mal au dos. Ça a empiré au fil des jours, l’obligeant à arrêter sa saison. On a consulté et appris qu’il avait une hernie discale. C’était quelque chose de très lourd, vraiment rare chez un enfant de cet âge (10 ans). Il a eu un plâtre pendant 40 jours, un corset pendant une année. Il a attaqué la saison suivante avec et, forcément, n’a pas eu de super résultats. Mais une fois qu’on lui a retiré son corset, il a repris son rang et a continué vers les sommets ».

« Nous avons toujours eu des champions à Valloire. Il y règne une bonne ambiance sportive, nous avons eu des skieurs en équipes de France à toutes les époques. Il y a toujours eu une passion pour le ski de compétition ici », témoigne Christian Grange, maire de la station et oncle de Jibé.

Alain Feutrier

Et en ce début des années 1990, Valloire suit les exploits de son champion, Alain Feutrier, qui se classe 2e du géant de Coupe du monde d’Alta Badia, le 13 décembre 1992, entre les légendaires Alberto Tomba et Marc Girardelli. Sa carrière achevée, Feutrier rentre dans sa station et reprend en mains le ski-club où évoluent déjà « Jibé » et son frère. « Alain, quand j’étais tout gamin, je l’ai vu sur le podium à Alta Badia. Je me souviens avoir regardé la manche dans le magasin de mon père car on ne pouvait voir Eurosport que là. Ce fut inoubliable. Il est devenu mon coach quand il a arrêté sa carrière, pendant quatre ans en benjamins-minimes. Il partageait énormément, il m’a beaucoup apporté », évoque Jean-Baptiste Grange.

« Lorsque je l’ai « récupéré » la première année au club, je sortais de quasiment 10 années en équipe de France, et Jean-Baptiste était un jeune de 11 ans, meurtri par des douleurs au dos, passionné, avec une envie ravageuse de devenir un grand champion », explique Alain Feutrier. « J’ai eu la chance de l’accompagner durant quelques années, jusqu’à ce qu’il prenne un bon envol. Jibé était un grand travailleur, mais il fallait en permanence gérer ce souci de dos, composer avec cette douleur. C’était beaucoup de travail.».

Cette impression unique lorsque l’on voit Jean-Baptiste Grange voler entre les piquets, ce buste droit, cette souplesse des jambes, ce toucher de neige… bref, cette gestuelle gagnante, viennent donc de sa mauvaise blessure contractée avant l’adolescence…

« Je pense sincèrement que sa grande qualité de douceur sur les skis en a directement découlé », estime ainsi Alain Feutrier. « Il a grandi avec cette volonté de non-agressivité alliée à la puissance et, aujourd’hui, c’est un atout énorme par rapport à la concurrence. C’était un jeune au-dessus du lot au sein d’une très forte équipe. Après deux-trois années d’entraînement ensemble, il était vice-champion du monde en benjamin. C’est une fierté de l’avoir accompagné, ça a été un bout de chemin formidable ».

Des valeurs très fortes

François-Cyrille Grange

François-Cyrille Grange, après avoir été l’enfant tenant la main de Michel Platini, porteur de la torche olympique pour l’entrée dans le stade d’Albertville lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques 1992, a lui aussi contribué à faire grandir son futur champion du monde de frère. Il raconte : « J’ai un an de plus que lui : une saison sur deux, nous étions dans les mêmes catégories et on s’est beaucoup tiré la bourre. Ça nous a permis d’élever notre niveau. Nous avions aussi d’autres gènes, des valeurs très fortes. Il y avait un esprit de groupe, une motivation énorme, nous étions tout le temps sur les skis. Je pense que ça doit jouer un petit peu aujourd’hui. On a toujours fait un peu de tout avec nos entraîneurs, descente, super-G, même si c’est vrai qu’on était un peu des chèvres en vitesse… mais la vitesse, ça se construit dans le temps.»

François-Cyrille, au potentiel également immense, est cependant moins porté par l’esprit de compétition : « j’avais envie de faire d’autre choses, courir en freeride. J’ai toujours été attiré par les sports alternatifs...»

Christian Grange

Jean-Baptiste Grange, qui a poursuivi sa scolarité en ski-études à Modane, puis à Moûtiers, et enfin, à Albertville, a donc continué la compétition sans son frère… mais pas seul. « Nous avons été avec lui depuis les débuts », explique Christian Grange.

« Cela fait plus de 10 ans que la commune l’accompagne avec des « primes de bandeau ». Nous l’avons aidé dans sa progression. Nous ne sommes pas là pour soutenir les skieurs quand ils réussissent mais pour les aider dans leur progression ».

Le 21 janvier 2004, sur les pentes de sa station, Jibé devient champion de France junior de slalom. La même année, il dispute sa première épreuve de Coupe du monde, à 19 ans.

La suite fait partie de la grande histoire du ski français… 3 médailles mondiales dont deux titres à ce jour... Et un parcours semé de douleurs pour Jean-Baptiste, le dos bien sûr mais aussi l'épaule blessée en décembre 2010. Avec l'abnégation du champion qu'il est devenu, Jibé, après son titre mondial 2011, a traversé quatre années très compliquées, a conclu son chemin de croix en récupérant ce titre en 2015.

Archive - Portrait réalisé en 2011 mis à jour.

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