Pierre Vaultier : "Monter sur le podium "

Interview
©Christophe Pallot / DPPI
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Les championnats du monde de snowboard commencent demain à Kreischberg en Autriche. Pour l'occasion, Pierre Vaultier revient sur son parcours et son désir d'obtenir une médaille. Médaillé d'or le 18 février 2014 lors des Jeux Olympiques de Sotchi, un titre de champion du monde manque encore à son palmarès déjà impressionnant. 4ème des derniers championnats du monde, Pierre Vaultier vise mieux et nous en fait part. Entretien...

©KMSP

Comment te sens-tu à la veille des championnats du monde ?
Les impressions des derniers jours étaient un petit peu en dents de scie. Il faut savoir qu’on a eu une grosse attente en début de saison car, du fait du manque de neige, on n’a pas encore couru. On va faire notre première course de la saison seulement maintenant, c’est tout à fait inhabituel. C’est bien pour se préserver. D’une certaine manière, nous nous sommes beaucoup entrainés. Il y a eu beaucoup de travail, mais là, en deux jours d’entrainement, hier et aujourd’hui, il a fallu nous régler assez rapidement ce qui n'est pas simple. Hier, j’ai d'ailleurs eu du mal à me mettre dedans, à me régler. J’avais beaucoup de pression pour traduire tout le travail qui avait été fait cet automne sur ce parcours de championnat du monde, ce n’était pas évident. Aujourd’hui j’étais plus dedans, je me suis senti beaucoup mieux et bien plus présent donc c’est une bonne nouvelle ! Maintenant on verra de quoi seront faits les prochains jours.

Nous sommes satisfaits et convaincus de notre préparation

Tu es donc globalement satisfait de ta préparation ?
La préparation a été bonne, même si elle a été moins intense que l'an passé, parce que nous sommes dans une année plus transitionnelle. Elle a été faite de manière très sage et très avisée. Nous avons fait pas mal de stages sur la neige qui nous ont permis de bien travailler et je pense que la préparation a été assez optimale. Il faudra voir aussi où nous nous situons avec le plateau international, parce que c’est toujours difficile en début de saison, en tout cas la première course, de se référencer par rapport aux autres équipes. De notre côté, nous sommes satisfaits et convaincus de notre préparation, à voir si elle va être suffisante.

©Philippe Millereau/KMSP

Maintenant que tu es champion olympique depuis Sotchi, il te reste le titre de champion du monde à obtenir, c’est ton objectif dans ce championnat ?
C’est mon objectif effectivement. Une médaille sera déjà largement la bienvenue. Après, pour le titre, on verra bien. Il faut savoir que ma pratique sportive est de plus en plus difficile avec notamment ma cheville dont je n'ai pas totalement récupéré l'usage depuis 2012. C’est une course contre le temps. C’est énormément de gestion et en même temps il faut que je prenne le temps pour m’occuper de ma cheville. C’est un peu à double tranchant, je n’ai probablement pas encore beaucoup d’années devant moi et il va falloir agir et vite, mais en même temps je risque de le payer sur l'intégrité de ma cheville. C’est une situation pas simple à gérer... mais j'ai de toute façon pour objectif de monter sur le podium, ça c’est sûr !

Comment sens-tu le reste du groupe ?
Plutôt opérationnel. Sur ces championnats du monde, on est 4. Tony Ramoin est en forme et est très motivé cette année, notamment après le changement de coach. Il se retrouve beaucoup plus dans le système de cette année que dans celui de l’année dernière. J’espère pour lui que ça va lui être bénéfique. Il y a Ken Vuagnoux, un tout jeune, qui a 19 ans, qui est très talentueux et qui peut faire de belles choses. Il a encore beaucoup de temps devant lui et s'il perce dès maintenant ça sera tout bon pour lui... sinon il faudra patienter encore un peu mais ça marchera aussi. Ce sont des gens motivés, qui ont le talent en eux et en qui je crois. On a Paulo [Paul-Henri De le Rue, ndlr] aussi bien sûr, qui est ancien maintenant, avec beaucoup d’expérience. Enfin, on s’entraine aussi avec un Andorran, un mec très performant et très rigoureux avec qui je m’entends très bien. On est donc un groupe de quatre, cinq français forcément et un d’Andorre. Ça bosse dur !

©Christophe Pallot / DPPI

Pour revenir à Sotchi, comment as-tu vécu ton année post-olympique suite à ta médaille d’or obtenue en février dernier ?
J'ai essayé de garder un brin de disponibilité notamment pour ma petite famille, ma femme et ma fille. J'ai été plus souvent à la maison et fais en sorte que nous restions plus ensemble. C’était pour moi quelque chose d’important parce que j’avais fait énormément de sacrifices avant les Jeux et encore plus avec la blessure. J’avais eu très peu de temps avec ma famille et ça m’avait beaucoup manqué. Je prévoyais de toute façon de passer du temps avec elles, ce que j’ai fait. Il faut dire aussi qu'avec une médaille en poche, si on veu,t on peut se trouver tous les jours à droite à gauche et jamais à la maison. C’est quelque chose que j’ai surtout voulu éviter. J’ai vraiment sélectionné les sollicitations par degrés d’importance ou d’intérêt. J’avais à cœur de vraiment garder un bout de tranquillité à la maison.

Nous essayons d’être performants, de faire le bon geste, d’être rigoureux

Le jour de ta médaille, tu avais demandé au service communication du CNOSF de créer ton compte Twitter. Es-tu devenu un « twittos » ?
Pas du tout ! Je sous-utilise Twitter, même Facebook. Je ne suis pas du tout assidu. Je poste de temps en temps, mais ce n’est pas quelque chose qui me botte énormément. Je sais que c’est très dans l’air du temps, et qu’on a tendance à juger sur ce genre de pratique mais moi je ne fais pratiquement rien sur Twitter.

©Christophe Pallot/DPPI

A quoi penses-tu quand tu es sur ta planche ?
C’est étrange comme question… ! Il n’y a pas de pensée reine. On essaye d’être performant, de faire le bon geste, d’être rigoureux. Quand on est sur notre planche on a 1 minute de course. Ce n’est pas long, on ne peut pas s’évader dans nos pensées. Il faut être là car si il y a un moment d’inattention, c’est le carton direct. En général on est très focus dans ces moments là.

Pour finir, qu’as-tu envie de dire à ceux qui rêvent d’être médaillé olympique ?
Suivez votre rêve ! Le rêve de médaille olympique c’est quelque chose d’un peu vicieux. Il faut savoir que tu as une grande probabilité de sortir de carrière sans médaille donc c’est une chose qu’il faut considérer. Il ne faut jamais se dire "je vais être champion olympique", à part si on est des monstres comme Teddy Riner ou Martin Fourcade, parce qu’il se passe tellement de choses aux Jeux. Il faut tout relativiser sur les Jeux Olympiques, ça doit être un rêve mais pas une fin en soi. Ce n’est peut-être pas très optimiste comme mot de la fin mais moi je sais que c’est comme ça que j’ai mené ma carrière : rêver oui, mais je savais très bien aussi au fond de moi que je pouvais terminer ma carrière sans médaille et c’est quelque chose à prendre en compte pour ne pas être déçu finalement à la fin.

Pierre VAULTIER | Tony RAMOIN | Paul-Henri DE LE RUE | Surf des Neiges | Le Mag' des Bleus

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