Sébastien Amiez, le père prodigue ses conseils

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En 1996, Sébastien Amiez, fils prodigue du slalom français, remportait le globe de cristal du slalom. L’année suivante, il prenait le titre de vice-champion du monde. Cinq ans plus tard, il remportait, sur le retour, la médaille d’argent des Jeux olympiques de Salt Lake City. Retiré des compétitions depuis 2007, il est venu encadrer les athlètes de l’Equipe de France Olympique sur les pistes.

C’est ta première participation à la Semaine du Sport Olympique Français. Quelles sont tes impressions ?
C’est intéressant d’être ici, surtout quand on a aussi défendu les couleurs de la France, pendant trois olympiades, et qu’on a eu la chance de ramener une médaille olympique. Ce moment me permet d’échanger avec ces athlètes qui représentent le présent, le futur, et qui auront la chance d’aller aux Jeux olympiques. On apprend à se connaître, avec toutes ces disciplines, toues ces personnalités. En fait, il y a une sorte de synergie qui se créé dans une dilettante sympathique, sans compétition.

Tu retrouves l’ambiance du village olympique ?
En réalité, j’ai très peu connu le village olympique.
Les Jeux d’hiver arrivent en milieu de saison pour nous. A la différence de l’été où les quotas s’attribuent au fil des performances de l’année, il n’y a que le début de saison qui nous permet de nous qualifier aux Jeux Olympiques, d’apprécier notre état de forme. Et l’épreuve du slalom intervient en deuxième semaine des Jeux Olympiques, souvent au milieu ou à la fin. Du coup, on arrive assez tardivement au village.

En fait, j’ai dû y dormir 3 ou 4 fois. On suivait le début de la compétition à la TV. Je n’ai d’ailleurs vu la cérémonie d’ouverture que sur petit écran. A Salt Lake par exemple, nous y sommes restés deux jours. A Nagano, nous avions même un hôtel en dehors du village. C’était un choix de la fédération qui avait pris en charge le surcoût pour privilégier un logement à proximité des sites de compétitions et nous offrir les meilleures conditions.

Si tu regardes en arrière, qu'est-ce qui reste le meilleur souvenir de ta carrière ?
Je n’ai pas de souvenir qui prime sur l’autre. Chaque évènement a son importance. En 1996, je remporte la Coupe du monde en devançant Tomba ! En 1997, je défends mon globe de cristal et je prends la médaille d'argent aux Championnats du monde de Sestrières, Tomba est de nouveau derrière moi, 3e. Ca marque les esprits. Cette année-là, je réponds présent alors que je ne suis pas attendu.

"Bastoune" et Jean-Pierre Vidal, le doublé aux Jeux

Salt Lake City, c’était la cerise sur le gâteau. Là aussi, je n’étais pas vraiment attendu, mais j’étais en forme. J’avais fait 5 à Kitzbühel, 8 au slalom d’après. J’avais une carte à jouer. Cette médaille en a étonné plus d’un, mais ce n’était pas un coup de chance. J’étais 11ème mondial et un 11ème mondial peut sans problème prétendre à un podium olympique. Avec Jean-Pierre [Vidal], on fait là un doublé, comme Julien Absalon et Jean-Christophe Péraud (VTT) avec lequel je parlais tout à l’heure. Mais à la différence de ceux réalisés à Pékin en VTT ou en BMX, cela a vraiment bénéficié au second, moi en l’occurrence. J'avais déjà réalisé des performances médiatisées, c'était comme un retour... et puis une telle performance remontait à l'époque Killy/Périllat !

Depuis la fin de ta carrière, as-tu gardé des relations avec le milieu du ski ?
Peu. Comme beaucoup d’anciens skieurs, je regrette de ne pas donner à mon sport ce qu’il m’a apporté. Et le temps passe vite. Les techniques changent, le matériel, les tracés évoluent vite, et si on n’est pas à jour, il est dur de pouvoir en parler.
Au départ, je commentais sur Sport +, ce qui me permettait de rester au contact du milieu. Mais depuis c’est plus difficile. La fédération ne se sert pas assez de nous. J’ai souvent posé la question, proposé de donner de mon temps. Il y a de nombreux grands champions retirés de la compétition dont les connaissances ne sont pas exploitées. Un bon entraineur est écouté et permet d’accéder au haut niveau, mais un palmarès est respecté et peu aider différemment, pas à prendre deux secondes, mais un ou deux centièmes qui peuvent faire la différence.

Les champions ont un rôle à tenir, en intervenant auprès des jeunes, en leur parlant. Mais je me demande si on ne fait pas peur. Le milieu est un peu trop « institutionnel ». Nos palmarès, ces passeports de nos vies, existent. Je veux bien aider, je n’ai rien contre le bénévolat, mais qu’on nous donne cette chance ! Je ne cherche pas un métier d’entraineur, ni prendre une place. Je veux juste amener ce que je pourrais amener, le temps qui me reste pour le faire efficacement.

Quels conseils de base peux-tu donner aux skieurs amateurs ?
Déjà d’avoir une bonne condition physique et du bon matériel. Les skieurs sont tributaires du matériel aux pieds. Je suis toujours stupéfait par ces gens qui ne font pas de sport de l’année et se lancent à fond dès leur premier jour de ski.
Il faut un bon équilibre et choisir des skis courts, autour d’1m60, 1m65. Ces nouveaux skis permettent d’avoir beaucoup de plaisir rapidement et ont ramené beaucoup de gens vers le ski qui apparaissait trop technique. Aujourd’hui c’est plus facile. Il faut bien garder entre les skis un espacement égal à la largeur des hanches. Plus les skis sont écartés, plus grande est la stabilité. Pour le reste, cela dépend du skieur, de ses défauts, ses qualités propres.

Le Mag' des Bleus

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