Arthur Vichot : "Le Tour, c'est le patrimoine"

Interview
Arthur Vichot
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Dans quelques jours débutera le Tour de France (5-27 juillet 2014), événement populaire par excellence et manifestation incontournable du paysage sportif international. L'an dernier, il a sillonné les routes de France avec le maillot tricolore sur le dos. Cette année, la tunique FDJ.fr d'Arthur Vichot ne sera pas bleu-blanc-rouge, mais son envie de briller, pour lui et pour son équipe, est intacte...

Quel est ton état de forme à l’approche du Tour de France ?
Je me sens bien. J’ai eu un problème au genou récemment qui m’a écarté des compétitions, mais, du coup, j’espère que ça va me permettre d’avoir de la fraîcheur pour le Tour de France. J’ai pu me préparer comme je le voulais, avec notamment un stage en montagne avec l’équipe, et le Tour de Bavière et le Dauphiné pour me redonner du rythme. J’arrive, j’espère, à 100% de mes moyens sur le Tour.

L’équipe réalise un excellent début de saison. Vous attendiez-vous à être à ce niveau collectivement ?
Lorsque l’on a fait l’état des forces en présence en début de saison, on avait de grosses ambitions en termes de résultats. On a deux gros sprinteurs (Nacer Bouhanni et Arnaud Démare), Thibaut Pinot sur les classements généraux et moi sur les classiques. On était vraiment motivés pour aller chercher de très bons résultats. On en a obtenu sur certaines courses. Sur d’autres, il y a encore du boulot. Mais je pense que c’est comme ça qu’il faut procéder pour un jour atteindre les sommets.

Lorsque l’on revêt le maillot tricolore, on se trouve un petit peu con

Le week-end qui vient de s’écouler a permis à la FDJ.fr de conserver le titre de champion de France, avec un super doublé, Démare devant Bouhanni. L’an dernier, c’est toi qui avais remporté le maillot tricolore. Comment avais-tu vécu ce sacre ?
Sur le moment, ça fait énormément plaisir bien sûr, mais lorsque l’on revêt le maillot et que la Marseillaise retentit, on se trouve un petit peu con… C’est un moment que tout coureur français rêve de vivre, mais lorsque ça devient réalité, ça fait bizarre. Après le Tour arrive vite dans la foulée, avec tout l'engouement qu'il suscite, et ça permet de mesurer l’ampleur de la chose.

En effet, porter le maillot tricolore sur le Tour de France, c’est quelque chose de grand à vivre…
Oui, c’est clair ! Le Tour c’est LA course de l’année en cyclisme. C’est en France et avoir le maillot de champion de France sur les épaules, qui est en plus bien visible, c’est une sensation vraiment particulière et c’est une superbe expérience à vivre, indéniablement.


Le Tour 2014 débute dans quelques jours. Quels sont vos objectifs collectifs et tes ambitions personnelles pour cette édition ?
Avec l’équipe, je pense que l’on va essayer de travailler pour Arnaud (Démare), afin de tenter de remporter une victoire d’étape au sprint, et soutenir Thibaut (Pinot) pour une place au général. Il y a du pain sur la planche ! Personnellement, malgré le fait que je serai au service de nos deux leaders, j’espère pouvoir me faire plaisir sur une étape et avoir une carte à jouer, en suivant un petit groupe jusqu’au sprint, ou sur une échappée… Ce serait sympa que je puisse m’exprimer au moins sur une étape, avec pourquoi pas, la victoire à la clé.

Malgré tout, tu es en progression constante ces dernières années au général… Une bonne place n’est pas du tout envisageable pour toi ?
Ah non ! Je n’y pense pas du tout ! C’est quelque chose d’irréalisable pour moi. Je connais mes limites en montagne. Je sais que je peux bien passer la moyenne montagne et, du coup, me rendre utile pour Thibaut (Pinot), mais après, il faut être réaliste : pas de général pour moi !

Depuis tout jeune, on est bercé par cet événement

Vivre le Tour de France pour un cycliste français, c’est forcément incroyable. Qu’est-ce que l’on ressent en fait ?
Oui, c’est vraiment incroyable. Depuis tout jeune, on est bercé par cet événement, que l’on aime ou pas le vélo d’ailleurs. Ça fait partie du patrimoine français. C’est un événement qui est gravé en nous depuis toujours donc lorsque l’on se dit que l’on en est aujourd’hui l’un des acteurs, ça fait plaisir. Tout coureur cycliste peut être fier d’avoir un jour pris part au Tour de France.

Les récentes turbulences à propos de la concurrence entre Nacer Bouhanni et Arnaud Démare n’ont-elles pas trop affecté le groupe psychologiquement ?
Non, je ne pense pas. Les « turbulences », ce sont plus les médias qui les ont créées. Ça a permis de vendre du papier. Après, au sein de l’équipe, chacun essaie de faire son travail du mieux possible. Et pour moi, la concurrence entre coureurs permet aussi l’émulation. Quand il y a deux grands sprinteurs comme eux qui se tirent la bourre, ça tire le groupe vers le haut. C’est peut-être pas plus mal au final…

J’espère que j’aurai l’occasion de participer aux JO

Un petit sur Marc Madiot, manager emblématique de votre équipe. Comment est-il au quotidien et que vous apporte-t-il ?
C’est vrai que Marc est un personnage atypique dans le milieu du vélo. On peut le comparer à un acteur un peu. Quand il nous parle en briefing ou lorsqu’on le voit en interview à la télévision, c’est presque du cinéma. C’est quelqu’un qui aime le vélo, qui aime ce sport, qui aime ses coureurs et son équipe. Quand on a affaire à un passionné, c’est toujours plus facile de vivre avec. Il en va de même avec la Française des Jeux, qui est très impliquée dans le sport français, auprès de différentes fédérations ou du CNOSF par exemple, et qui est un vrai soutien pour nous. Du coup, on se sent redevables en quelque sorte. Ils investissent tellement pour que l’on soit performant que l’on se doit d’être irréprochables. On se doit de mériter leur soutien.

Quels sont tes grands rêves de carrière ? Rio 2016 ou Tokyo 2020 sont-ils dans un coin de ta tête ?
C’est sûr que les Jeux, pour moi, c’est comme le Tour : ça fait partie du patrimoine du sport mondial. On a tous envie d’en faire partie au moins une fois. Il y a deux ans, j’étais remplaçant à Londres. C’est vrai que c’était une petite amertume pour moi car j’accorde beaucoup d’importance à cet événement. J’espère que j’aurai l’occasion d’y participer et d’y faire de belles choses. Je ne sais pas si le parcours pourrait me correspondre à Rio et donc si je serais sélectionnable… Le fait que l’événement ne se déroule que tous les quatre ans renforce l’envie d’y être. Après, j’espère pouvoir faire de bonnes choses aux championnats du monde de fin de saison. J’adore les courses en circuit et difficiles et les championnats du monde en font partie. J’espère vraiment réaliser quelque chose là-bas.

Un mot pour te décrire ?
Je pense que j’ai une grande qualité qui peut aussi être un défaut : je suis têtu. Quand j’ai quelque chose en tête, je le fais à fond et me donne à 100% pour ça. Du coup, quand je me trompe, je me trompe aussi à 100% (rires) !

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