Mélonin Noumonvi : "L’objectif, c’est Rio !"

Interview
Mélonin Noumonvi
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Du 1er au 6 avril, l'équipe de France de lutte sera en Finlande, à Vantaa exactement, pour prendre part aux championnats d'Europe. En terres scandinaves, en périphérie de la capitale locale, Helsinki, les Bleus vont défier les meilleurs lutteurs continentaux. Le clan tricolore fera le déplacement avec un groupe jeune, en construction, privé notamment, pour cause de blessure, de son emblématique double médaillé olympique, Steeve Guénot. A 31 ans, Mélonin Noumonvi sera le plus expérimenté du groupe sur cette compétition et tentera d'accrocher une cinquième médaille européenne à son palmarès...

Comment te sens-tu à l’approche de ce championnat d’Europe ?
Ça va pas mal, même si ça fait deux ans que je suis en professorat de sport et que je suis des cours en parallèle. Je n’ai, par conséquent, pas pu participer aux différents regroupements cette année. Je partage mon temps et n’ai, par exemple, pas pu aller au stage final qui se déroule en ce moment en Biélorussie.
Sinon, côté sensations ça va plutôt bien, même avec le peu de compétitions auxquelles j’ai pu prendre part. Ça ne fait pas une grosse préparation, il me manque peut-être un ou deux tournois et stages, mais on va miser sur l’expérience !

On va miser sur l’expérience !

Quand retrouves-tu le groupe ?
Ils rentrent vendredi à Paris, on va passer tout le début de semaine prochaine ensemble et on décolle jeudi ou vendredi pour la Finlande. La gréco aura lieu du 4 au 6, en fin de championnat.

T’es-tu fixé un objectif individuellement, et, plus globalement, avez-vous un objectif collectif ?
Ça fait deux ans que je n’ai pas énormément forcé sur ma préparation. Je vais m’y remettre dès septembre, pour entamer le parcours de qualification aux Jeux Olympiques de Rio notamment. Donc je n’y vais pas avec le plein de certitudes. Je n’y vais pas décontracté non plus, ça reste un championnat d‘Europe. J’y vais pour faire une médaille. C’est mon objectif. Rester sur le podium. Plus généralement, Tarik (Belmadani) a désormais un peu plus d’expérience et pourrait sortir son épingle du jeu. Pour Samba (Diong), ce sera son deuxième championnat d’Europe après celui de l’an dernier et pour Evrik (Nikoghosyan), ce sera son premier. Je pense que ça risque d’être un peu difficile pour eux, mais ils peuvent nous réserver une bonne surprise !

Les Bleus et leur programme

Si on élargit encore un peu le spectre, le groupe France, luttes féminine, gréco et libre confondues, semble assez jeune, en devenir. En l’absence de Steeve (Guénot), tu seras le chef de file de ce collectif. Comment sens-tu ce groupe, sa progression, son potentiel ?
L’équipe est en train de se former. En gréco, les jeunes arrivent, Samba n’a que 20 ans, Evrik est un peu plus âgé mais vient d’être naturalisé cette année. Chez les féminines, ça fait deux-trois saisons que le groupe est en renouvellement, après le départ de l’ancienne génération. Et en libre, c’est en construction avec pas mal de potentiel je pense, notamment en juniors. Pour Rio, ça devrait le faire, on devrait avoir une bonne équipe dans l’ensemble. On devrait, je pense, être un peu plus nombreux à Rio qu’à Londres, en 2012 (5 lutteurs tricolores).

Rio, ça fait deux fois que tu l’évoques. Tu l’a déjà bien à l’esprit ? Tu te projettes déjà sur cette échéance olympique ?
Carrément ! Si je continue, c’est pour ça. Les championnats du monde ou championnats d’Europe, j’en ai déjà plus d’une dizaine à mon actif depuis le début de ma carrière. J’ai fait les Jeux trois fois et je suis passé deux fois à côté d’une médaille. C’est ce qu’il me manque. J’ai une médaille mondiale et quatre européenne. J’aimerais bien finir en beauté en remportant cette médaille olympique. L’objectif, c’est clairement Rio. Le reste, même si l’on n’y va pas pour rien, ça reste de la préparation aujourd’hui. Pour moi en tout cas.

Finir en beauté en remportant cette médaille olympique

Explique-nous comment as-tu vécu le maintien de la lutte au programme des Jeux Olympiques ?
Lorsque l’on a appris la nouvelle, on est tombé des nues. On avait entendu parler du taekwondo ou du pentathlon moderne, mais aucunement de la lutte. Notre sport fait partie de l’histoire de l’Olympisme et on le pensait ancré dans le programme. On s’est rendu compte que non. Son éviction aurait eu des répercussions sur beaucoup de choses, sur les subventions, le nombre de postes au niveau fédéral, le poids économique de notre sport, la couverture médiatique, puisque les Jeux sont quasiment le seul moment où la lutte est visible. Ça aurait été synonyme de mini-mort. Sans cette bannière olympique, on aurait été beaucoup moins aidé. Cette décision de consolider la lutte aux JO a été un énorme soulagement, pour le sport et pour les gens qui s’entraînent.

Quelle est l’image des Jeux qui restera gravée dans ta mémoire ?
Pour moi, c’est la gazelle mondiale, Usain Bolt, battant les records du monde du 100 et 200m, à Pékin, en 2008. On savait qu’il avait le potentiel, mais c’était malgré tout un exploit ! C’est un fabuleux moment, qui m’a marqué.
Après, quelque chose de plus personnel, c’était la demi-finale des handballeurs, toujours en 2008, face à la Croatie. On avait une grosse délégation française qui se rendait à ce match, avec des cars. On était parti du village pour aller les soutenir mais on n’avait même pas de places pour le match ! On avait dû passer en force ! L’ambiance était extraordinaire et ils ont réussi à remporter la victoire au terme d’un match très chaud, au bout du suspense. C’était aussi un moment inoubliable.

©FF lutte

Si tu n’avais pas été lutteur ?
J’ai commencé par le foot (rires) ! J’ai vite arrêté après avoir découvert la lutte. Peut-être dans le foot du coup… Quand on est gamin, on rêve football… Malheureusement, j’ai rencontré la lutte (rires) !

Que peut-on te souhaiter dans un futur proche et moins proche ?
D’obtenir le professorat dans un premier temps. A plus long terme, l’apothéose avec une médaille aux Jeux Olympiques de Rio…

Le teaser des championnats d'Europe

Consultez le Site officiel de l'événement

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