Rome 1960 : Le Fait

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Le Fait

Abebe souris

Il aurait pu devenir berger, comme le voulait la tradition de son village de Jato en Ethiopie, mais pour pourvoir aux besoins de sa famille, Abebe Bikila s’engagea dans la garde impériale d’Hailé Sélassié, le dernier empereur d’Ethiopie. Né le 7 août 1932, le jour même du marathon olympique de Los Angeles, Abebe était prédestiné à prolonger la légende d’un autre guerrier, Philippidès. S’entrainant seul pendant deux ans, Bikila était repéré en 1959 par sa fédération d’athlétisme et Onni Niskanen, membre finlandais de la Croix-Rouge. Passionné d’athlétisme, et notamment, tradition nationale oblige, des courses de fond, Niskanen le prend sous son aile et devient son entraineur.
Sélectionné pour les Jeux de Rome, il va courir le marathon pieds nus, comme pour ses entrainements : il a bien tenté des chaussures, mais celles-ci lui faisaient mal aux pieds. Son épaisse corne lui faisant office de semelle, il reste en tête de course durant plus de quarante kilomètres. Au passage devant l'obélisque d'Axoum, monument ramené d'Ethiopie par les troupes coloniales italiennes, Bikila attaque son compagnon d’échappée, le Marocain. Rhadi Ben Abdesselem. Avec 200 mètres d'avance à l’arrivée, il emporte finalement le marathon à l'endroit même où, un quart de siècle plus tôt, Mussolini avait prononcé le discours lançant l'Italie à l'assaut de son pays.
Il bat le record du monde et devient le premier Noir africain champion olympique. L'Afrique du Sud avait certes déjà remporté des titres olympiques, mais il s'agissait toujours d'athlètes blancs. Héros national, pour ne pas dire continental, Bikila reçoit un appartement et une voiture pour sa victoire.
Il remporte par la suite 12 marathons dont un second olympique, à Tokyo en 1964. Il ne perdra en réalité qu’à Boston en 1963, lors de son quatorzième marathon, en 1967, au cours duquel il se fracture le péroné et l’année suivante, pour son quinzième et dernier, le marathon olympique de Mexico qu’il quitte au 17 km. Victime d'un grave accident de voiture en 1969, il lutte contre la mort pendant huit mois et perd l'usage de ses jambes. Il se met alors à la course en fauteuil et au tir à l'arc. Ovationné au stade olympique de Munich lors des Jeux olympiques de Munich 1972 où il n'est qu'un simple spectateur. Il meurt en 1973, à l'âge de 41 ans, d'une hémorragie cérébrale consécutive de son accident. 65 000 personnes assistèrent à ses obsèques. Le stade national d’Addis-Abeba porte désormais son nom.

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